Hainaut Géry Paternotte a cru qu’il allait subir le même sort que le regretté bourgmestre de Mouscron.

Ce n’est pas à cause d’un simple rhume que Géry Paternotte (MCB) s’est retrouvé dans l’incapacité physique de siéger lors du dernier conseil communal. Deux jours plus tôt, le mandataire brugelettois a dû subir une délicate intervention chirurgicale consécutive à une violente agression dont il a été victime dans le cadre de ses activités professionnelles.

Les faits remontent à la nuit du 22 au 23 octobre dernier, vers 1 h du matin, sur le parking de la station-service de Drogenbos.

En cette période de récolte sucrière, Géry Paternotte, transporteur routier indépendant, partait livrer des betteraves à Tirlemont. "Habituellement, j’évite de m’arrêter sur les aires d’autoroute mais là, je devais absolument soulager un besoin naturel", raconte l’ancien échevin.

Plâtré jusqu’au genou

Faute de place, l’intéressé avait dû garer son camion dans la partie non éclairée du parking. C’est en revenant des W-C qu’il a fait une très mauvaise rencontre. "Au moment d’ouvrir la portière de mon camion, j’ai aperçu un type avec une casquette accroupi sous la benne. Celui-ci et deux autres individus ne m’ont pas laissé le temps de m’enfermer dans l’habitacle. Ils m’ont extirpé de la cabine en me tirant par les vêtements."

Notre interlocuteur n’était pas au bout de son calvaire. "L’un des agresseurs a brandi un cutter avant de me taillader la cheville gauche. Il était à 10 cm de mon visage. Pour le même prix, il m’égorgeait avec sa lame. J’ai eu la peur de ma vie en pensant à ce qui est arrivé au bourgmestre de Mouscron."

Dépossédé de son GSM, Géry Paternotte a échappé au pire. En fuite, les auteurs n’ont toujours pas été identifiés. "Ils étaient relativement jeunes (25-30 ans) et ne parlaient pas un mot de français." Malgré sa vilaine blessure et un saignement important, notre camionneur de Mévergnies est parvenu à rebrousser chemin jusqu’à Ath où il s’est rendu aux urgences pour être recousu. Quelques jours plus tard, une échographie chez un orthopédiste a révélé que les cinq tendons de ses orteils avaient été sectionnés. Le lendemain, il passait sur la table d’opération.

Plâtré jusqu’au genou, Géry Paternotte est immobilisé jusqu’à au moins la fin de l’année. Un sérieux manque à gagner pour ce transporteur installé à son compte et qui ne percevra aucun revenu durant le temps nécessaire à sa guérison.

Pour l’instant, il fait travailler un chauffeur engagé récemment. "Bien que je sois couvert par une assurance hospitalisation, je ne toucherai rien de la mutuelle avant un mois", précise-t-il.

Suite à sa mésaventure, Géry Paternotte déplore le manque de surveillance des parkings et aires de repos tout en plaidant pour l’installation de caméras de surveillance.