Hainaut

Quand la SPE a lancé son projet éolien sur la plaine de Florinchamp, le comité Vent de bon sens, regroupant des riverains et des opposants, s’est formé. Au cours de l’enquête publique, il a fait connaître sa position au plus grand nombre et a récolté près de 6 000 lettres de refus de la part de la population.

C’est donc avec incompréhension que les membres ont accueilli la décision du ministre de l’Environnement, Philippe Henry. "D’un côté, on s’y attendait, car le ministre a délivré plusieurs permis ces derniers temps contre l’avis négatif de certaines instances", réagit Anne Paye. "De l’autre, nous sommes fort surpris, car nous sommes dans un pays démocratique. Notre comité avait rendu une contre-étude de 180 pages montrant que l’étude d’incidences était bourrée d’erreurs. Le ministre n’en a pas tenu compte. C’est donc beaucoup de temps, d’énergie et d’argent perdus."

Le comité avait ainsi relevé de nombreuses anomalies. "Le promoteur a prévu d’aménager des surfaces de compensation écologique où les oiseaux, présents sur la plaine, pourront se reproduire. Il faut savoir que ce milieu a mis des centaines d’années pour se constituer et ce n’est pas en aménageant de nouvelles zones que la situation sera réglée."

L’étude de bruit n’a pas non plus convaincu. "Elle n’a pas été faite sur place. On retrouve plutôt un copier-coller des données récoltées dans un autre parc éolien du côté de Wanze. L’étude ne mentionne pas le réseau de drains qui existe dans le sous-sol. Il va donc être détruit lors de l’installation des éoliennes. Les drains retiennent les boues. Cela signifie qu’en cas de fortes pluies, la cité des Hamoises, à Thuillies, sera inondée."

Plusieurs remarques sur la sécurité ont également été relevées. "Cette décision n’est pas sage et est même invraisemblable et incompréhensible. La Région wallonne travaille sur un nouveau cadre pour les parcs éoliens. Pourquoi le ministre n’a pas attendu d’avoir la carte des vents actualisée pour prendre sa décision ?"

Comme les bourgmestres des communes concernées pensent à introduire un recours devant le Conseil d’Etat, le comité se dit prêt à leur apporter son soutien technique.