Hainaut

Si la locomotive Rive Gauche a ramené des consommateurs à Charleroi, des politiques innovantes ont été mises en place pour soutenir le redéploiement du commerce.

"La Ville-Basse en a largement bénéficié. À la Ville-Haute, ce sera pour demain, après les travaux de réaménagement" , annonce l’échevin du Commerce, Philippe Van Cauwenberghe (PS).

Afin de favoriser la revitalisation des quartiers, trois mesures concrètes ont été prises : primo, l’ouverture du Pop&C, le premier magasin éphémère, au printemps 2016. Rue de Marcinelle, il accueille les productions d’une dizaine d’artisans créateurs. "Nous venons de reconduire le bail pour un an." L’expérience va donc se poursuivre au moins jusqu’à fin 2018.

Deux : l’ASBL Charleroi Centre-Ville, présidée par l’échevin, a aussi initié le projet de la Fabrique à boutiques. Il consiste en une intervention dégressive dans le coût des loyers de certains rez vides de la rue de Marcinelle, où seuls quatre magasins sont encore inoccupés. C’est un jury d’experts extérieurs qui évalue la qualité des projets et veille à ce qu’ils respectent les conditions d’octroi de l’aide (ils doivent être innovants, viables et s’intégrer dans le quartier). "Après le Maga2 et BD Choc, le Meat Ball Bar va apparaître. Il s’agit d’un bar à boulettes revisitées dont le concept a été présenté au village de Noël."

Trois : le programme Creashop soutient la création de commerces, avec un financement de la Wallonie. Son périmètre a été étendu à toute la Ville-Basse, il donne droit à la prise en charge partielle des investissements en équipements et aménagements intérieurs, ainsi que l’installation d’enseignes. "Dans ce cadre, quatre dossiers ont été validés, ils portaient sur des projets au boulevard Tirou et dans le piétonnier de Dampremy. En 2018, nous allons poursuivre et amplifier ces politiques", indique Van Cauwenberghe.

Car si l’enveloppe 2017 n’a pas été entièrement consommée, il est prévu d’étendre le dispositif au reste de l’entité. "Un budget de 40.000 euros a été réservé, nous allons demander aux associations locales de commerçants de nous aider à identifier les rues qui ont besoin d’un coup de boost pour se régénérer commercialement. Gilly et Gosselies devraient être parmi les premières anciennes communes à en bénéficier."

Une seconde jeunesse pour la rue de la Montagne

Un quartier étudiant dans l’ancien piétonnier de la rue de la Montagne ? Le projet est à l’étude. On le sait : Rive Gauche a aspiré plusieurs enseignes, de H&M à Zara en passant par C&A.

Désormais, la plupart des magasins sont vides dans la partie basse de la rue. Le projet vise à y attirer des activités innovantes dédiées aux jeunes et à aménager aux étages des kots pour étudiants. "Nous avons rencontré trois propriétaires, dont l’immobilière qui a le bâtiment de l’ancien H&M au pied de la Montagne. Il est possible de construire au-dessus un îlot résidentiel qui serait accessible depuis la rue des Palais à l’arrière. Comme dans la rue de Marcinelle, nous soutiendrions le déploiement d’une nouvelle offre commerciale. Un jury d’experts indépendants serait constitué afin d’évaluer les dossiers et retenir ceux jugés viables."

À ce stade, rien n’est encore décidé mais il s’agit d’une piste sérieuse. Elle a été accueillie favorablement par les propriétaires contactés, ainsi que le bouwmeester : à l’horizon 2022, la cité des métiers sera opérationnelle sur le campus actuel de l’UT, comme le centre universitaire Zenobe Gramme qui associe plusieurs universités. Ces outils draineront plusieurs milliers d’étudiants : des logements adaptés seront les bienvenus.