Hainaut On a posé toutes nos questions à l’échevin sortant Éric Goffart, leader du groupe C +.

C +, c’est le CDH qui se cache ?

"Je suis CDH, je ne l’ai jamais caché. Mais il faut distinguer les niveaux de pouvoir. En local, on peut rassembler des individus sans couleur politique. On le voit d’ailleurs avec des listes autour de personnalités marquantes, comme des bourgmestres. Ici, les deux tiers de C + ne sont pas apparentés à un parti, et ceux qui le sont viennent du CDH, MR, PS, Ecolo et Défi."

Vous utilisez pourtant les affichages communaux destinés au CDH, qui n’a pas de liste à Charleroi, et la caisse de la section locale…

"Bien sûr. La situation est évidente : Mohamed Fekrioui et Éric Goffart ont rétrocédé quasiment 700 euros par mois chacun. Cela fait plus de 50.000 euros en six ans, c’est normal que cela soit injecté dans le projet qui inclut des gens du CDH. Il faut financer C + et lui donner de la visibilité : on prend donc tout ce qu’on peut prendre. C’est logique."

Et l’apparentement pour faire partie des intercommunales, par exemple ? Cela sera un apparentement CDH ?

"La liberté sera laissée à chacun. Mais c’est une question technique et juridique qui ne se pose pas encore, le projet C + doit perdurer, même après les élections… Même sans moi, on a voulu lancer quelque chose de plus grand. Mais si je monte au collège, je serai échevin C +, c’est sûr. Et avec un seul mandat, pour le faire à fond."

Monter au collège ? Une majorité est possible ?

"Une des grandes réussites de la mandature, c’est les routes. Même Magnette le dit. C’est un signal qu’en présence de Van Cau aux fêtes de Wallonie il ait dit qu’il avait eu du mal à faire la tripartite mais que ça valait le coup. Et, sur RTL, il a confirmé qu’il n’y avait pas d’exclusives contre Éric Goffart. C’est de bon augure pour C + dans une future majorité."

Et une majorité avec d’autres ?

"Hors de question de travailler avec le PTB. Leur programme est destructeur pour notre société. Les modèles de l’Union soviétique et de Cuba font peur. Mais, à part ça, si le choix de l’électeur est respecté, qu’on peut mettre le programme de C + en avant et qu’on peut négocier une équipe forte pour Charleroi, là on sera prêts à monter en majorité avec d’autres. Mais on peut de toute façon apporter beaucoup au conseil communal, même si c’est dans l’opposition. Et si c’est au collège, on est beaucoup à être prêts à bosser et faire avancer des projets."

Le grand regret de la mandature

Quand on lui a demandé de faire son mea culpa, l’échevin sortant Éric Goffart s’est creusé la tête plusieurs minutes avant de répondre. 

Voici ce qui, d’après lui, aurait pu et dû mieux fonctionner et qu’il a personnellement mal géré : "Je suis toujours resté dans mon rôle d’échevin, sans gérer l’administration. Mais si je m’étais immiscé dans des services, il y a peut-être des dossiers qui auraient pu mieux fonctionner. J’ai estimé que ce n’était pas mon rôle : l’administration doit être indépendante du politique… mais, dans certains cas, dans certains services, je regrette de ne pas être intervenu, parce que ça aurait fait avancer les choses, même si ce n’est pas mon rôle. Il y a la possibilité de booster la productivité pourtant, mais je ne l’ai pas fait. Je n’ai pas réussi à le faire."