Hainaut Dans leur récent ouvrage, Noémie et Philippe proposent des pistes pour l’avenir

En neuf mois à peine, Noémie Drouguet et Philippe Bodeux ont réalisé un imposant ouvrage consacré aux Hauts-Fourneaux de Wallonie. "Clabecq, Marcinelle et Ougrée sont trois hauts lieux de la sidérurgie wallonne, dominés par leur haut-fourneau respectif", explique Noémie. "Avec Philippe, nous avons découvert les sites industriels allemands du bassin de la Ruhr, ainsi que leur mise en valeur. Chez nous, à Ougrée, rien de similaire n’a été envisagé", se désole-t-elle.

Le livre doit permettre à "ces forêts industrielles de s’ouvrir à ceux qui ont des propositions à défendre, qu’ils soient urbanistes, architectes, artistes promoteurs ou encore passeurs de mémoire", détaille Philippe. "La Wallonie ne peut faire l’impasse sur une réflexion approfondie concernant le devenir de ces friches sidérurgiques. En comparaison avec la Ruhr ou la Lorraine, il est temps que la Wallonie se positionne."

L’ouvrage est unique en son genre. "Il s’agit de la première œuvre entièrement consacrée à nos Hauts-Fourneaux", renchérit Noémie. Pour appuyer leurs propos et affiner leurs pensées, les deux auteurs ont collaboré avec de nombreux professionnels et connaisseurs de l’histoire industrielle wallonne.

Des pistes de reconversion concrètes

Au final, le livre, de près de 300 pages, déjà disponible à la librairie Molière et officiellement présenté hier soir au Rockerill, milite pour la reconnaissance du patrimoine sidérurgique wallon, en proposant des pistes concrètes. La dernière évoquée par Philippe Bodeux ? "Il manque de logements insolites en Belgique. Les hauts-fourneaux pourraient faire l’affaire. Il en va de même pour des auberges de jeunesse qui, dans des sites industriels, seraient un lien entre le centre-ville et son passé."

Originaire de la province de Liège, Noémie Drouguet et Philippe Bodeux ont été séduits par la région de Charleroi, lors de leur visite de la région. "Ce qui est appréciable, c’est de constater qu’un groupe de citoyens se bat encore pour son patrimoine industriel. Ce n’est pas - ou peu - le cas à Liège."