Hainaut Le spectacle présenté par Bernard De Vos et son équipe a suscité le débat.

Après avoir exploré une partie de la Fédération Wallonie-Bruxelles, "Rien à faire, rien à perdre" a posé ses valises à Charleroi ce jeudi 11 mai. Organisé par le délégué général aux droits de l’enfant (DGDE), ce spectacle dénonçant le radicalisme violent a tout pour plaire. "Ca fait à peu près un an que l’équipe du DGDE travaille dessus. Le but est de véhiculer un message d’analyse critique face à la radicalisation", explique Rémi Lobet, membre de la Compagnie du Campus. "Au départ, on comptait partir sur trois dates. Finalement, on a eu de tellement bons retours que la pièce est prévue pour 25 dates."

Hier, le théâtre La Ruche (Marcinelle) a accueilli les élèves de troisième et de cinquième secondaire de l’Institut Saint-Joseph de Charleroi. "Il nous semblait important de viser un public mineur. D’une part parce que c’est le public dont s’occupe le DGDE, et d’autre part, parce qu’ils sont généralement plus influençables à cet âge-là."

Sujets tabous

Le spectacle présente plusieurs saynètes humoristiques entrecoupées par des capsules vidéo dans lesquelles s’expriment des victimes du radicalisme. C’est par cet aspect particulier que la représentation a touché les jeunes aujourd’hui. "C’était vraiment très bien, ça m’a beaucoup sensibilisée. Ça nous fait comprendre que même dans une telle situation, des gens peuvent nous aider à nous en sortir", déclare Najwa, 15 ans. "Le terrorisme, la radicalisation, ce sont des sujets tabous. C’est vraiment bien qu’on ait entendu ces témoignages."

L’objectif semble atteint pour l’équipe du DGDE qui, d’origine, n’est pas du tout une troupe de comédiens. "Aujourd’hui, nous avons pris le risque de nous montrer sur scène pour dévoiler le genre de cas que nous rencontrons tous les jours" déclare Bernard De Vos, à la tête du Délégué général aux droits de l’enfant. "Il a été très difficile pour eux de parler de cette expérience, il y avait beaucoup d’émotion. Le but a été de comprendre et d’aider ces jeunes radicalisés."