Hainaut

D'aucuns le voient se tasser le 14 octobre prochain à Charleroi, voire y perdre une majorité absolue qu'il avait reconquise en 2012, mais le PS devrait toutefois y préserver sa première place vu la marge qui le sépare de son plus proche poursuivant, et offrir ainsi une multitude de choix au bourgmestre sortant Paul Magnette.


Poursuivant sur la lancée qui lui avait permis de sortir Charleroi du climat délétère des affaires nées du scandale de la Carolorégienne (2005), Paul Magnette s'était emparé de l'écharpe mayorale en 2012 et avait reconduit la tripartite PS-MR-cdH, malgré une majorité absolue (30 sièges sur 51) qui aurait permis aux socialistes de gouverner seuls. 

Six ans plus tard, l'homme aux 24.000 voix - meilleur score de Wallonie et 2e taux de pénétration derrière le Montois Elio Di Rupo - sait que sa formation pâtit encore des scandales de 2017 (Publifin, Samusocial) et que la concurrence s'est renforcée à gauche. Non seulement en raison de la bonne tenue d'Ecolo dans les sondages, mais surtout de la percée attendue du PTB, renforcé à Charleroi par la visibilité de Germain Mugemangango, nommé l'an dernier porte-parole francophone du parti marxiste. 

L'ex-ministre président wallon, obligé de se replier sur Charleroi par la décision du cdH de convoler avec le MR au gouvernement régional, ainsi que par sa propre volonté de ne plus exercer qu'un mandat électif unique - il a choisi sa Ville -, pourrait donc être contraint de rechercher un partenaire si le PS perd sa majorité absolue ou, si ce n'est pas le cas, y être poussé par souci d'ouverture. 

Quels partenaires possibles?

Sera-ce encore le cdH, qui dispose de deux échevins dans la majorité sortante ? Certainement pas. Non que M. Magnette l'ait exclu d'emblée en raison de la rancune que lui et ses troupes éprouvent envers le président des centristes Benoît Lutgen, mais parce que le petit parti (6 élus en 2012) ne se présente pas sous son nom, mais au sein d'un mouvement citoyen "C+" avec pour chef de file Eric Goffart, échevin des Travaux. La perte de leur cheffe de file en 2012, la députée wallonne Véronique Salvi, qui cessera la politique en 2019, pourrait aussi en coûter aux humanistes. 

Serait-ce le PTB ? M. Magnette ne cesse d'insister sur le caractère irréaliste du programme de ce parti, qui ne serait en réalité pas demandeur de gouverner, mais il ne l'a pas non plus exclu. 

Ecolo ? Une part de la base le souhaite, mais la mathématique (3 petits sièges en 2012) risque de donner aux Verts un poids très relatif. 

Ce pourrait donc être le MR, qui parie sur son image de partenaire fiable pour rester au pouvoir, lui qui possède aussi deux échevins dans la majorité sortante. Les troupes réformatrices (9 élus en 2012) sont cette fois emmenées par l'échevin Cyprien Devilers, tandis que le président du parti Olivier Chastel se contente de pousser la liste avec pour ambition 2019. 

La droite radicale aux portes du pouvoir

Dans un climat global favorable au populisme, la droite radicale pourrait aussi se renforcer dans la première Ville de Wallonie, avec la présence pour la première fois des petits partis PP et La Droite, alors que le FN Belge avait glané deux élus sous la mandature qui s'achève. 

Enfin, Paul Magnette, qui ambitionne la présidence du PS après le départ d'Elio Di Rupo, prêtera sans doute une attention toute particulière au comportement de DéFI. Les ex-FDF ont été annoncés par M. Di Rupo comme des partenaires privilégiés avec Ecolo pour les scrutins de 2019. En 2012, ils avaient déjà présenté une liste à Charleroi mais n'avaient recueilli que quelques centaines de voix.