Hainaut

Les autorités chiévroises ont décidé de maintenir, en 2018, le règlement (ultra)sécuritaire auquel sont soumises depuis l’été dernier et les graves débordements survenus lors de la ducasse de Ladeuze, les sociétés organisant des manifestations festives sur le territoire de l’entité. Le point a fait débat lors du conseil communal.

Le 12 mars dernier, la cellule de sécurité s’est réunie en présence des membres du collège et de la police afin de dresser le bilan des événements programmés après les échauffourées de juillet 2017 provoquées par une bande de jeunes casseurs éméchés. "Les services ont constaté que les mesures de sécurité instaurées à l’époque ont porté leurs fruits. Notamment à Grosage et à Tongre où celles-ci ont permis d’intercepter un jeune homme armé d’un couteau à pain tout en empêchant une nouvelle bagarre en fin de soirée", se réjouit la majorité socialiste.

Le PS n’a toutefois pas réussi à convaincre l’opposition MR d’approuver ce règlement (voir ci-dessous) que les libéraux considèrent beaucoup trop contraignant pour les organisateurs de festivités où le risque est bien moindre.

Assouplir le règlement

Tel que stipulé dans le règlement, ces derniers sont, en effet, tenus d’engager à leurs frais une société de gardiennage pour assurer la sécurité publique. "Après réévaluation, on pouvait s’attendre à un allégement de ce dispositif très restrictif qui va continuer à s’imposer au plus grand nombre sans aucune distinction du type d’événements à encadrer", déplore Claudy Demarez.

D’où l’abstention de son groupe pour qui l’obligation imposée aux organisateurs d’engager des agents de gardiennage va restreindre leur marge budgétaire et leurs recettes tout en les décourageant d’animer les villages.

"Si cela dégénère à nouveau, nous serons tenus pour responsables ! Ce sont des normes de base. Pour chaque dossier, il y aura une réunion préalable avec les organisateurs et la police. Le nombre de vigiles sera défini en fonction de l’analyse des dangers" , fait comprendre Bruno Lefèbvre.

Pour le député-bourgmestre, il est prématuré d’assouplir ce règlement, voire de le supprimer. "On pourra l’envisager si plus aucun incident majeur ne se produit en 2018."


Des mesures à respecter

La commune préviendra par courrier les organisateurs des modalités à respecter dans le cadre de leurs festivités. Y déroger pourra entraîner l’interruption ou l’arrêt définitif de la manifestation. Les mesures déjà en application restent en vigueur. Parmi celles-ci figure l’interdiction pour le public de pénétrer sur le site festif avec des boissons alcoolisées. Il va sans dire que la vente d’alcool aux mineurs d’âge ainsi qu’aux personnes en état d’ivresse n’est pas tolérée. L’utilisation des verres est bannie au profit des gobelets en plastique. Il est également interdit de fumer dans les lieux publics couverts tels que les établissements ou les chapiteaux sous peine de fermeture du site. Le règlement stipule encore la fermeture progressive du site dès 2 h du matin et définitive sur le coup de 3 h le vendredi, le samedi ainsi que les jours fériés (23 h et 24 h le dimanche et le lundi). En fonction de l’analyse du risque, cet horaire peut être revu à la baisse. La présence d’une société de gardiennage est impérative, le nombre d’agents dépendant là encore de la nature de l’événement.