Hainaut

La machine est désormais lancée : dans les années à venir, le site des Vanneaux, situé à Colfontaine, fera peau neuve grâce à un projet pilote de déconstruction-reconstruction. A pareille envergure, il s’agira d’une première en Wallonie. Mais les acteurs impliqués dans ce vaste projet espèrent généraliser le processus, qui se veut écologique et économique.

Du neuf avec du vieux

Concrètement, il s’agit de déconstruire structurellement les infrastructures existantes et de réemployer un pourcentage, le plus élevé possible, d’éléments issus de cette déconstruction pour construire à neuf. En occurrence ici, un nouvel hôtel de ville où tous les services administratifs, ceux du CPAS et les bibliothèques communales, seront réunis sur un seul et même site. Ce qui n’est pas le cas pour l’instant.

Un premier groupe de travail, composé de centres de recherche, de l’UMons (Polytech et faculté d’Architecture), de la Spaque et du cabinet du ministre Di Antonio, s’est d’ores et déjà penché sur le sujet. Et les premiers résultats de l’audit sont concluants : la quasi-totalité des matériaux présents sur le site aujourd’hui (briques, béton, pierres bleues, faïencerie, métal, ardoises, terre cuite) auront une nouvelle vie demain.

"Dès le départ, il a été conclu que l’histoire du site et les matériaux qui le composent devaient être un élément majeur de la réflexion. Il n’était pas question de simplement faire table rase du passé, souligne Marie-Sophie Hubert, d’Etau Architects. Il apparaît ici que chaque matériau trouvera sa place dans le projet de reconstruction, que l’aspect environnemental en sortira renforcé et, surtout, que ce modèle sera duplicable."

Etendre le processus

L’objectif, à terme, est bien d’étendre ce processus "qui s’intègre parfaitement dans la politique menée en matière de déchets par le ministre de la Transition écologique, Carlo Di Antonio (CDH), à savoir l’économie circulaire et le Plan wallon des déchets-ressources." Notons que le site des Vanneaux se prête parfaitement à ce type d’expérience, d’autant plus que son assainissement est repris dans la programmation Feder 2014-2020.


Précautions: inventaire amiante nécessaire

Rumeurs. Début janvier, une tempête balayait le pays et provoquait quelques dégâts, ci et là. Le bâtiment du site des Vanneaux s’était en partie effondré sous les bourrasques de vent. Et il n’avait pas fallu bien longtemps pour que des rumeurs de pollution à l’amiante ne se fassent entendre. Lundi, le sujet a une nouvelle fois été abordé alors que le projet de déconstruction-reconstruction venait d’être présenté. Si le bourgmestre de Colfontaine, Lucien D’Antonio, a soutenu qu’il n’y avait aucun souci d’amiante sur le site, le porte-parole de la Spaque s’est voulu plus nuancé. "Un inventaire sera nécessaire. 83 tonnes de matériaux contenant de l’amiante sont recensées sur le site et dans le sol, dans la cour intérieure et aux alentours, a affirmé Jean-Frédéric Deliège . Des investigations seront menées pour déterminer le niveau de pollution du site, et la Spaque agira en fonction. Les riverains ne courent cependant aucun danger actuellement et n’en courront aucun durant le chantier."