Hainaut

Le dossier a été ouvert il y a plus d'une dizaine d'années mais n'a toujours pas abouti...

Dans la Cité des Loups, depuis une dizaine d'années maintenant, il est un sujet qui suscite toujours le débat. Impossible en effet de ne pas avoir un avis sur le projet de La Strada, du nom de ce nouveau quartier qui devrait voir le jour et s'articuler autour d'un centre-commercial et d'espaces de loisirs. Objectif de la manœuvre, redynamiser le cœur de ville. Mais alors que les communes voisines se sont développées et que de grands centres commerciaux se sont implantés à Mons, Charleroi ou encore Nivelles, la Strada est-t-elle encore indispensable aujourd'hui ? « La Strada, stop ou encore ? » C'est la question soumise par la DH aux têtes de liste en lice pour ce scrutin communal 2018 dans le cadre de la série « Un jour, une commune. »

Du côté du PS, si on ne peut nier que ce dossier peine à aboutir, on y est toujours favorable. « La Strada est plus indispensable que jamais pour renforcer l'attractivité de notre ville, y compris sur le plan commercial. Il est cependant évident que le projet doit prendre en compte les concrétisations des villes voisines et évoluer dans son concept », insiste Jacques Gobert, actuel bourgmestre. « Nous avons perdu beaucoup de temps mais c'est finalement peut-être une chance car le projet correspondra au mieux à l'évolution du modèle de centres commerciaux. »

Le discours est similaire du côté de MR-IC, actuel partenaire de majorité. « Le projet est indispensable mais nous plaidons pour une Strada 4.0. Il faut repartir d'une feuille blanche et voir comment intégrer des commerces, du logement, des bureaux, des espaces-verts et du divertissement en un seul et même lieu », explique Olivier Destrebecq.

Pour Plus et cdH, « il faut faire une croix sur le projet tel qu'il avait été imaginé il y a 12 ans », au risque de se retrouver avec un copié-collé des Grands-Prés ou de Rive Gauche. « Mais laisser un chancre en centre-ville n'est pas imaginable. Il faut dès lors réadapter le projet, miser sur le circuit-court par exemple pour attirer une clientèle différente des grands centres-commerciaux. Il faut être différent au risque que le projet ne soit un échec », constate Xavier Papier.

Nouveau venu sur la scène politique, Cum Lupis, exclusivement composé de citoyens engagés, on déplore que « le citoyen dispose de peu d’informations sur le projet en lui-même. » Les citoyens s’interrogent sur le coût actuel de l’opération, les considérations techniques, le type de commerces qui s’implanteront, le coût des cellules ou encore la place laissée à une consommation responsable.

Dès lors, les membres « aimeraient s’opposer à la construction d’un énième centre commercial traditionnel et d’appartements haut standing majoritairement destinés à une population plus aisée mais il semble que le projet ne peut qu’aboutir (…) Il est impératif d’adapter le modèle pour qu’il soit le plus ouvert possible aux citoyens et entrepreneurs de la région ». Cum Lupis plaide finalement pour une nouvelle concertation de la population.

Pour Ecolo, le PTB et le PP, les positions sont plutôt tranchées. « Ce projet n'est pas le nôtre et n'a jamais été souhaité par notre groupe. Le dossier a été mal ficelé dès le départ mais il faudra pourtant en sortir ! Nous sommes aujourd'hui contraints et forcés d'aller jusqu'au bout », déplore Didier Cremer (Ecolo).

Des propos que rejoint Antoine Hermant (PTB). « Nous nous sommes opposés au projet dès le début parce que nous déplorons de mettre pareil espace à disposition de promoteurs. Il s'agit avant tout d'une opération financière, elle n'a pas de réelle utilité publique. Nous ne sommes pas convaincus qu'un centre-commercial pourra redynamiser notre centre-ville alors que de nombreux ménages ont un pouvoir d'achat limité. »

Pour DéFi, le projet actuel doit être finalisé, après quoi il faudra geler les possibilités d'extension ou de création de nouveaux centres commerciaux et se tourner davantage vers les autres villes de l'entité. Enfin, pour le Parti Populaire, une consultation populaire et une implication plus importante des citoyens auraient dû être de mise.