Hainaut

Dans la Cité de l'Amour, tous les partis s'engagent à préserver le caractère rural du village. Mais comment comptent-ils s'y prendre concrètement ? Et comment empêcher une flambée des prix de l'immobilier, alors que la commune est de plus en plus prisée ?

Pour le bourgmestre, il est temps de faire une pause. "Il faut d'abord stabiliser la population avec le nombre d'habitants que nous connaissons aujourd'hui", préconise Xavier Dupont de Vivre Écaussinnes. "La population a augmenté de 17 % depuis 1990. Il faut pouvoir marquer un arrêt pour faire une analyse et s'assurer que tous les services puissent suivre. Prenons l'exemple du lotissement Bel-Air 2, on estime qu'il faudra trois ouvriers communaux temps plein pour assurer la gestion de la propreté publique, des espaces verts et des voiries. Tout cela a un coût. On peut encore construire des maisons à certains endroits. Mais il faut éviter les grands projets et préserver des espaces verts."

Sébastien Deschamps s'inquiète lui aussi pour les services à la population. "Il faut s'opposer à tout projet qui fait dans le gigantisme et garder une urbanisation à taille humaine", indique le chef de file d'Ensemble. "Nous n'avons pas de promoteur immobilier dans notre groupe. Nous pensons qu'il faut s'opposer à l'urbanisation galopante, car elle entraînera toute une série de problèmes au niveau de la mobilité et du stationnement. Il faut aussi s'assurer que les services collectifs suivent."

Christine Hemberg estime qu'il faut se mettre d'accord sur le concept de ruralité. "Préserver le caractère rural, selon les promoteurs, cela veut dire ne pas faire d'étalement urbain dans les campagnes", relève la conseillère d'opposition. "En se limitant à cela, on pourrait se retrouver avec des mammouths dans le centre du village. Pour moi, le caractère rural a une autre dimension. Écaussinnes est un village et doit rester un village. Ça a toujours été notre combat. Nous pensons en outre qu'il faut davantage impliquer les citoyens dans les aménagements de ce village. Tout nouveau projet doit faire l'objet de concertations pour trouver un équilibre entre les nuisances possibles et les bénéfices que les citoyens peuvent en tirer."

Pour Ecolo aussi, la participation citoyenne est importante. "Les intérêts de la collectivité ne sont pas assez pris en compte par les promoteurs immobiliers", juge Arnaud Guérard, tête de liste Ecolo. "Il faut penser l'aménagement à long terme, pas projet par projet. Et nous proposons donc des outils. Tout d'abord, une charte de l'aménagement du territoire pour encadrer les projets immobiliers en terme de gabarit, de mobilité ou même de développement durable. Ensuite, nous voulons proposer des permis de végétaliser aux citoyens pour multiplier les espaces verts collectifs. Enfin, la mise en place de comités de quartier permettra de réfléchir à l'aménagement de la commune dans une dynamique participative."

Enfin, Fabien Palmans, tête de liste d'En Marche pour Écaussinnes qui compte dans ses troupes Eric Sirault, promoteur bien connu de la Cité de l'Amour, réfute les procès d'intention en s'opposant lui aussi au gigantisme. "La première des priorités, c'est de lutter contre l'extension du village pour préserver les zones agricoles", pointe l'échevin sortant. "Mais si des constructions doivent se faire dans le village existant, ce sera dans des zones constructibles et en portant une attention particulière tant au gabarit qu'à la qualité du projet. Nous connaissons un phénomène de vieillissement de l'habitat avec plus de la moitié des habitations écaussinnoises qui date d'avant la Première Guerre mondiale. Il y a par ailleurs une demande en hausse qui pourrait entraîner une augmentation des prix de l'immobilier. Il faut donc répondre à la demande de manière raisonnable et raisonnée."

La pression sur l'immobilier, un danger dans les années à venir ? Pour Sébastien Deschamps, les prix restent abordables à Écaussinnes. "Des Brainois quittent même leur ville pour s'installer chez nous", relève le conseiller d'opposition. Pour Xavier Dupont, il faut trouver un juste équilibre sans sacrifier l'aménagement du territoire. "Les logements publics peuvent d'ailleurs jouer un rôle pour contrôler cette pression immobilière. Il y a encore des espaces disponibles et la possibilité de rénover certains habitats", conclut le bourgmestre.