Hainaut Sadique, le père frappait les anciennes blessures pour empêcher la cicatrisation.

Fouettée avec un câble électrique, frappée à coups de batte de base-ball, attachée à une chaise et brûlée aux pieds avec un fer à souder : ce n’est pas le récit d’un prisonnier de Guantanamo mais bien celui de la jeune Samia, une jeune fille de Farciennes torturée par son propre père durant plusieurs années.

Son calvaire a débuté alors qu’elle était en troisième gardienne, en 2007. Mais ce n’est qu’en septembre 2016 que l’affaire a été révélée, un peu par la force des choses. Malgré le règlement d’ordre intérieur de son école, Samia se présentait quotidiennement sous un voile quasi intégral.

Convoquée avec son père, dont elle craignait la réaction violente au retour de la réunion, Samia a fini par craquer : sous son hijab, elle cachait en effet une constellation d’hématomes, des fractures consolidées et des traces de brûlures. "Elle a expliqué que son père l’attachait avec des liens colson et la brûlait avec un fer à souder pour lui faire savoir ce que serait l’enfer, si elle s’avisait de pécher", a expliqué le parquet qui poursuivait le couple pour tortures, traitements inhumains et coups. "Il ciblait surtout la peau entre les orteils et frappait à nouveau dessus pour éviter que les plaies ne cicatrisent. Elle avait les pieds tellement gonflés qu’elle devait porter du 41 alors qu’elle chausse du 37".

Les perquisitions menées dans la foulée ont effectivement permis de découvrir des câbles électriques et une batte de base-ball. Mais d’autres éléments ont intrigué les enquêteurs : "Les murs de la maison étaient couverts de versets du coran. Mais il n’y avait ni jouets ni lits pour les quatre enfants. Le père a appris la naissance de Samia alors qu’il venait de se marier à une autre femme. Il a dû l’assumer et lui a fait payer physiquement et psychologiquement", a conclu le parquet qui a requis 18 ans pour le père et 12 pour la mère, qui aurait tenté mollement de s’interposer au début, avant de fermer les yeux et même de réclamer des certificats de complaisance à son médecin.

À l’audience, les parents ont nié les faits. Mais leurs avocats n’ont pu plaider contre les évidences, évoquant un "déni culturel et la crainte de voir la honte de ces aveux rejaillir sur la famille".

Ce mercredi, le tribunal a relevé l’extraordinaire gravité des faits empreints de barbarie et de sadisme. Le père a ainsi écopé de 15 ans de prison ferme et a été arrêté à l’audience pour être transféré à la prison.

La mère, qui a participé aux tortures en cherchant à les couvrir, est condamnée à 8 ans. Le juge note enfin que l’un des fils du couple "semble impatient de grandir pour frapper à son tour sur les femmes".