Hainaut

Un sordide mystère plane sur une famille de Dampremy. Derrière les murs d'une maison de rangée habitée par un couple d’origine russe, des enfants ont vraisemblablement subi les pires sévices de la part de leur père. Jusqu’au meurtre ? C’est en tout cas l’hypothèse suivie par les enquêteurs de la police judiciaire locale de Charleroi qui ont découvert l’horreur, annonce La DH.

Mardi, l’une des filles du couple a fait des déclarations pour le moins inquiétantes : elle a d’abord expliqué que son papa avait abusé d’elle sexuellement et que sa sœur aînée, Assia, avait subi le même sort. Comble de l’horreur, la jeune femme a affirmé que son père l’avait tuée et fait disparaître son corps !

Les services de protection de la jeunesse avaient déjà eu vent d’Assia. En 2012, la jeune fille, alors âgée de 15 ans, multipliait les fugues. "Mais à la suite de la dernière fugue, nous n’avions plus réussi à entrer en contact avec la mineure", explique le procureur du Roi de division, Vincent FIasse. "Le père avait alors expliqué qu’elle revenait de temps à autre à la maison, mais qu’elle avait choisi de faire sa vie de son côté."

Le dossier a évidemment rebondi ce mardi. L’affaire a aussitôt été mise à l’instruction et une perquisition a été menée dans la soirée au domicile de cette famille afin de retrouver d’éventuels éléments. Les enfants, en âge de l’être, ont été entendus, de même que leur mère. "Et cette dernière a confirmé les dires de sa fille, ce qui nous laisse penser qu’il y a bien eu un meurtre".

Mercredi, la rue Lecomte a été fermée à la circulation durant plusieurs heures afin de permettre à la protection civile et à la PJL de Charleroi de procéder à la fouille minutieuse de l’habitation et de ses dépendances. C’est ainsi qu’une sorte de cache, où les enfants étaient parfois séquestrés, aurait été découverte. On sait aussi que le garage a été passé au peigne fin, de même qu’un puits. Un drap boueux a été emporté par les enquêteurs mais, à ce stade, aucun corps n’a été découvert.

Interrogé et déféré devant la juge d’instruction Laurence Wauthier, le père a tout nié en bloc. Il parle d’une cabale menée contre lui. Il a néanmoins été placé sous mandat d’arrêt pour meurtre, coups et blessures, séquestration sur Assia, ainsi que pour viols et attentats à la pudeur sur au moins deux de ses filles. La mère, qui aurait aussi été violentée, a été incarcérée pour non-assistance à personne en danger. Des devoirs d’enquête doivent encore être effectués mais les forces de l’ordre redoutent qu’Assia soit bien morte depuis 2012. Un véhicule qui aurait servi à transporter son corps aurait été revendu à l’exportation il y a un an. De nouvelles fouilles devront sans doute être exécutées pour savoir comment son père a pu faire disparaître son corps.