Hainaut

Lorsqu'un propriétaire souhaite expulser l'un de ses locataires, il doit théoriquement entamer une procédure qui mènera les deux parties devant le juge de paix. Mais certains, peu scrupuleux, préfèrent faire l'impasse sur leurs obligations pour mener une expulsion sauvage. La pratique est bien entendu illégale. Hier, lors de l'action de protestation, certains ont pointé du doigt l'immobilisme des autorités publiques. D'aucuns se sont d'ailleurs étonnés de l'absence de représentants de la majorité socialiste carolorégienne sur les lieux de la manifestation. Les élus ont pourtant bien peu de pouvoir lorsqu'un tel drame se joue sur leur territoire. Seule la justice est en effet habilitée à faire appliquer la loi. «Nous pouvons simplement guider, épauler les victimes d'expulsion dans leur démarche de recherche d'un nouveau logement, explique l'échevin du Logement Marc Parmentier. Une procédure existe: lorsqu'une personne est expulsée, elle doit se procurer une attestation de sans-abri auprès du CPAS. Grâce à ce document, elle se voit attribuer des points supplémentaires pour l'attribution d'un logement social». Le CPAS et le service concerné au sein de l'échevinat du Logement peuvent alors servir de relais auprès des sociétés de logements sociaux de la région. «En attendant, il existe des logements d'urgence ou de transition».

Autre cas d'espèce: l'expulsion pour cause d'insalubrité ou de non respect des mesures de sécurité. Dans ce cas, c'est le bourgmestre lui-même qui doit prendre un arrêté d'inhabitabilité. «La loi nous oblige à prendre des mesures mais ne prévoit rien pour le relogement. C'est au cas par cas. Dans la mesure du possible, nous proposons des alternatives immédiates. Mais rien n'est automatique. Il s'agit toujours de concertations avec les sociétés de logements sociaux», indique encore Marc Parmentier.

© La Libre Belgique 2006