Hainaut Les déchets s’accumulent. L’opposition demande une intervention.

Route provinciale vers Erquelinnes déconseillée à partir du Beau-Séjour : l’armée et la protection civile profitent de ce dimanche de Pâques pour n ettoyer les entrées et drèves de Pincemaille." Beaucoup auraient voulu y croire, mais ce n’était qu’un poisson d’avril partagé sur les réseaux sociaux. La réalité reste différente.

Indignation

Sur la Drève royale, à l’entrée du domaine de Pincemaille, les déchets s’accumulent et débordent, pour le plus grand bonheur des rats. De nouvelles photos circulent, suscitant l’indignation. "Regrettable pour l’image d’Estinnes", commentent les uns. "Comment a-t-on pu en arriver là ?" s’interrogent les autres. Et l’opposition monte au créneau, plan de secteur à l’appui.

Car jusqu’à maintenant, la majorité a toujours clamé être empêchée d’intervenir librement du fait que ce chemin appartient au privé. Au propriétaire du domaine de Pincemaille précisément, avec qui la commune est en procès. "Cette drève fait bien partie des chemins communaux, relève Jules Mabille pour Générations pluralistes. L’avocat de la commune aurait recommandé de ne plus intervenir pour nettoyer, car le propriétaire utiliserait ces interventions comme arguments et pour soutenir que ces chemins ne lui appartiennent pas. Ce serait selon lui à la commune de les entretenir."

C’est en effet l’une des pommes de discorde entre Hubert Van Bel et la commune d’Estinnes. Un premier jugement avait donné raison aux autorités locales. Mais le dossier a été porté en cassation. "C’est vrai que l’affaire est délicate. Mais en attendant, la majorité devrait au minimum assainir le site. Il n’est pas possible de laisser vivre des gens dans de pareilles conditions, regrette Jules Mabille. Je ne comprends pas pourquoi la police de l’Environnement n’intervient pas en aide à la commune."

Problème insoluble

Alors, communale la Drève royale ? "Un passage de 1,50 mètre seulement est considéré comme communal, précise Delphine Deneufbourg, échevine du Plan habitat permanent. Cela a d’ailleurs été acté par décision du tribunal, mais le propriétaire est allé en cassation. L’affaire devrait passer au mois de juin. En attendant, nous avons pu dresser des procès-verbaux car les déchets sont visibles depuis la voirie. Nous en avions déjà transmis au Procureur il y a plusieurs semaines. Nous venons d’en renvoyer. Nous devons passer par la justice pour faire pression sur les propriétaires, car il y en a plusieurs en jeu pour la Drève royale."

Le problème semble insoluble. Pressé par la justice, le propriétaire du domaine avait déjà effectué un nettoyage l’an dernier. Les déchets étaient réapparus aussitôt. Les dépôts sauvages prennent désormais des proportions dramatiques. Et s’il faut encore attendre une intervention d’Hubert Van Bel…