Hainaut

Ce soir à 19 heures, le conseiller communal Frédéric Joie deviendra le porte-parole du groupe Union pour faire entendre leur mécontentement après le transfuge de Marie-Rose Trézegnies. Pour rappel, ce départ a fait basculer la liste pluraliste d'André Navez dans l'opposition, passant de 16 à 15 sièges sur 31, tandis que le PS (14 sièges), le MR (1 siège) et Marie-Rose Trézegnies, en tant qu'indépendante, formeront la majorité.

Ce troisième vendredi citoyen sera également le dernier avant la mise sur pied de nouvelles actions. Dans les rangs unionistes, la satisfaction est grande devant la forte mobilisation.

"Selon la police, il y avait 1 500 personnes lors du premier rendez-vous. La semaine dernière, nous en avions encore 700, malgré les congés et la pluie", estime Etienne Piret, échevin de la culture sortant et porte-parole du groupe Union.

Selon lui, les Binchois qui lèvent le nez vers le balcon du théâtre communal chaque vendredi ne sont pas nécessairement des électeurs d'Union.

"Il y a également beaucoup de personnes déçues par le système : le 8 octobre, notre groupe est sorti gagnant avec une majorité absolue. Une personne change d'avis et tout bascule. Certains se demandent à quoi ça sert encore d'aller voter si on peut tricher avec les résultats !"

Après le discours de Frédéric Joie, le bourgmestre de Binche dévoilera les actions qui ponctueront la vie de sa commune jusqu'à l'installation du conseil communal.

"Certaines procédures légales vont être lancées", annonce encore Etienne Piret en répétant que "jusqu'au 4 décembre, rien n'est encore joué !"

Méfiance... après 18 mois

L'échevin sortant de la culture fait également remarquer que la nouvelle législation permet une motion de méfiance.

"Ce qui signifie que 18 mois après l'installation du conseil communal, si certaines personnes à qui le PS et le MR ont trop promis ne sont pas contentes, elles peuvent voter cette motion et faire basculer le collège."

Dans cette guerre de tranchées, Binche ne sortira, hélas, pas grandie et ne trouvera pas la stabilité qui lui manque tellement pour s'épanouir.

"Quand on triche pour obtenir une majorité, on ne doit pas attendre de cadeaux. Surtout que si ça se passe comme ça, les affaires ne seront pas simples avec notamment une majorité Union au CPAS."

© La Libre Belgique 2006