Hainaut

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné lundi deux recruteurs de l'Etat islamique à deux ans de prison, l'un d'eux obtenant le sursis. 

Un autre prévenu a été acquitté tandis que deux jeunes, qui s'étaient rendus en Syrie en 2014, obtiennent la suspension probatoire du prononcé. Les candidats au djihad, qui fréquentaient les mosquées de Farciennes, se sont radicalisés dans le courant de l'année 2013 au point de demander de l'aide sur Facebook à Jean-Louis Denis, un Bruxellois converti connu pour sa propagande. Le 15 avril 2014, ils se sont envolés en secret pour la Turquie, expliquant à leurs parents qu'ils "partaient pêcher en France". Une fois à la frontière syrienne, les deux Farciennois ont déchanté et, suppliés par leurs parents, ont regagné la Belgique.

L'enquête a alors pu démarrer et s'est intéressée aux recruteurs présumés. C'est ainsi que Halit S., qui a conduit les deux jeunes au magasin Decathlon puis à l'aéroport, a été interpellé, de même que Yvon M., un converti chez qui du matériel de propagande a été retrouvé. Tahar Z. était quant à lui soupçonné de les avoir radicalisés via des cercles de parole.

Dans son jugement, le tribunal a estimé qu'il n'y avait pas d'élément matériel à charge de ce dernier, même si celui-ci était en contact avec des figures connues du terrorisme et qu'il entretenait des contacts réguliers avec les deux "returnees". Il conduisait l'un d'eux aux cours, et ces contacts peuvent donc s'expliquer par le covoiturage. Il est donc acquitté au bénéfice du doute.

Halit S. et Yvon M. écopent quant à eux de deux ans de prison. Le second obtient le sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive. Ils se voient également privés de leurs droits civiques pour 5 ans. Enfin, les deux "returnees" obtiennent la suspension probatoire du prononcé vu leur jeune âge, leur prise de conscience apparente et le fait qu'ils aient fait demi-tour, une fois en Syrie.