Hainaut

Le sort des 313 travailleurs de Doosan Frameries est définitivement scellé. Après une lutte sociale longue de six mois, les syndicats ont dû se résoudre à la défaite. La phase des négociations sociales débute ce mardi.

L’objectif du front commun syndical n’est donc plus de préserver la production sur le sol framerisois mais de négocier au mieux les indemnités de licenciement. "Nous savons désormais que c’est la fin, déplore Antonello Nacca, délégué Setca et travailleur à Doosan. Il n’y a plus aucun espoir. Nous avons reçu un nouveau coup de massue sur la tête, mais cette fois, nous ne nous en relèverons pas."

Un petit peu d’espoir

Les travailleurs avaient pourtant retrouvé un petit peu d’espoir en début de semaine dernière lorsque les syndicats avaient démontré la rentabilité de l’entreprise à la direction qui s’était alors montrée coopérative. "Comme tout le monde, je ressens de la rage, mais surtout de la déception. Ces six mois de lutte et d’analyses n’ont servi à rien. Il faudra désormais être intransigeant dans les négociations sociales. Le vrai combat commence seulement maintenant."

L’annonce du début de la phase des négociations sociales a tout de même surpris plus d’un travailleur. Il faut écrire que les syndicats avaient catégoriquement refusé de négocier le moindre licenciement. "Malheureusement, nous sommes devant un mur ", poursuit, pour le front commun syndical, Marc Brichaux du Setca. " Qu’on le veuille ou pas, l’unité de production va fermer. Le temps et la loi belge ne jouent pas en notre faveur. Nous avons désormais tout intérêt à négocier avec la direction. Cependant, nous avons refusé de signer le moindre texte."

Aucun mouvement de grève

Et si tous les travailleurs sont actuellement sous le choc, aucun mouvement de grève n’est pour l’heure prévu au sein du site framerisois. "La production est d’ailleurs toujours en cours. Nous avons d’ores et déjà fixé un peu moins de dix rendez-vous avec la direction. Nous verrons ce qu’elle a à nous proposer."

Un premier plan de licenciement devrait ainsi être présenté dès la fin du mois de mars. "Nous pourrons envisager de prolonger les négociations. Mais nous ne pourrons pas dépasser les 30 jours."

Pour rappel, le 1er septembre 2014, la direction de la multinationale coréenne spécialisée dans la fabrication d’équipements de construction, de machines-outils et de moteurs diesel avait annoncé aux travailleurs son intention de stopper la production sur le site de Frameries. Une intention qui a été confirmée vendredi dernier par les responsables européens de la firme et ce, malgré les alternatives proposées par le front commun syndical. L’arrêt de la production laissera 313 personnes sur le carreau.