Hainaut Discrète jusqu’ici, la fabrique s’est expliquée auprès des paroissiens.

Il n’y a plus que les branches qui s’extirpent du clocher pour donner signe de vie. Problème de stabilité, trous dans la toiture, charpente pourrie… L’église du Sacré-Cœur à Ecaussinnes est fermée depuis 2014. Plusieurs scénarios ont été évoqués sur l’avenir de l’édifice, allant de la déconstruction à la réhabilitation en logements sociaux. Sans qu’aucune décision ne soit arrêtée.

Longtemps restée discrète, la fabrique d’église du Sacré-Cœur est sortie de son silence jeudi soir au travers d’une rencontre avec les paroissiens. Des représentants de l’évêché de Tournai étaient également présents. "La dernière rencontre datait de 2013, il était temps de faire une réunion", a introduit Stéphane Gijs, président de la fabrique. "Jusqu’à maintenant, nous n’étions pas intervenus dans la presse pour préserver l’harmonie des relations entre les différents partenaires du dossier. Le temps est venu de communiquer."

Lenteurs

Stéphane Gijs s’est alors lancé dans un historique du dossier pour permettre aux participants de comprendre comment l’église a pu sombrer dans une telle situation. Les problèmes remontent à 2011. La fabrique d’église avait introduit un plan triennal auprès de la Région wallonne. "Un peu tard", confesse le président. Si la commune d’Ecaussinnes avait déjà bloqué 300 000 euros, la Région wallonne a refusé d’allonger sa part, élevée à 700 000 euros.

Motif ? "La Région wallonne nous a fait comprendre que quatre églises à Ecaussinnes, c’était beaucoup. Et que tout avait déjà été épuisé pour la commune", rapporte Stéphane Gijs.

De là, l’église a autant souffert des infiltrations que des lenteurs du dossier. Etude de stabilité qui prend du retard, difficulté à réunir les différents partenaires autour de la table, tergiversations sur l’enveloppe accordée par la commune, incertitudes sur l’avenir du bâtiment…

Couac

Durant tout ce temps, l’église n’a cessé de se dégrader. Jusqu’à ce que l’inéluctable s’impose : l’argent manque, le propriétaire doit penser à la vente. En 2016, la fabrique du Sacré-Cœur, l’évêché de Tournai, la commune d’Ecaussinnes et la Région wallonne se rencontrent à nouveau. La fabrique de Saint-Remy, destinée à recueillir les paroissiens orphelins, est également présente. L’idée est alors de céder l’église du Sacré-Cœur pour l’euro symbolique à la commune. Les fabriques, elles, doivent fusionner.

Mais, à l’image des multiples péripéties essuyées depuis plusieurs années, le dossier connaît un nouveau couac. En vertu d’une circulaire wallonne, la fabrique, institution publique, ne peut pas vendre le bâtiment n’importe comment. Estimation du bien, publicité de la mise en vente et mise en concurrence sont obligatoires.

De nouvelles démarches ont donc été entreprises. Aujourd’hui, la fabrique attend que le rapport de stabilité soit actualisé. Le notaire pourra alors évaluer le bien. Il sera ensuite mis en vente.