Hainaut

La Cité de l'Amour monte à bord du projet POLLEC 3

La réduction des émissions de CO2 fait généralement l'objet d'âpres débats entre les grands de ce monde lors de sommets internationaux. Mais au plus petit échelon de pouvoir, le communal, on n'est pas forcément condamné à regarder passer le train.

La commune d'Ecaussinnes vient ainsi de s'engager dans un plan d'action en faveur de l'énergie durable et du climat. Elle répond à l'appel à projet POLLEC 3 lancé à l'époque, novembre 2016, par le ministre Furlan. « Nous avons parfois l'impression que nous ne sommes pas concernés, que tout se joue au niveau mondial », commente l'échevine Areti Boscoupsios. « Ici, nous avons l'opportunité de développer un plan d'action à l'échelle d'Ecaussinnes avec des mesures propres à notre commune. »

L'objectif est ambitieux : réduire les émissions de CO2 sur le territoire de la commune de 40 % d’ici 2030 et mettre en place des mesures pour limiter les effets du changement climatique. Pour l'atteindre, la Cité de l'Amour ne va pas avancer à l'aveugle. C'est bien tout l'intérêt de ce plan. Un diagnostic a déjà été dressé pour Ecaussinnes. Il a permis de déterminer les axes sur lesquels il faudra travailler. « Les principaux émetteurs de CO2 sont le secteur du logement, le tertiaire et le transport », poursuit Areti Boscoupsios. « Ça donne une idée de là où nous allons devoir agir. »

La commune aura un rôle de chef d'orchestre, mais tout ne reposera pas sur elle. Parmi les actions envisagées, on notera par exemple l'amélioration énergétique des bâtiments sur le territoire communal et l'aide aux habitants pour améliorer la performance énergétique de leur logement ; le remplacement de l’éclairage public par un éclairage énergétiquement performant ; la formation à l'éco-conduite ou encore l'installation d’une station de biométhanisation agricole. La liste est loin d'être exhaustive.

Évidemment, tout cela aura un coût. Mais tout dépend de la façon de calculer. « Nous devons d'abord prendre en compte le coût de l'inaction », indique Areti Boscoupsios. « Avec une augmentation des émissions de CO2 comprise entre 3 et 5 % par an, cela nous coûtera 2,5 millions d'euros. Si l'augmentation est comprise entre 10 et 20 %, le coût sera plus de 18,7 millions d'euros. » On préfère donc parler ici d'investissements plutôt que de dépenses. D'autant plus que le PADEC vise aussi la relance économique et la création d'emplois.

Au conseil communal, Pierre Rompato du groupe Ensemble est resté quelque peu dubitatif devant la présentation de l'échevine. « C'est très noble, mais quel est l'intérêt de lancer un nouveau plan alors que la volonté est déjà là et que des actions sont déjà entreprises pour le développement durable ? », a interrogé le conseiller d'opposition. « Le plan va permettre d'aller plus loin par rapport à ce qui est déjà entrepris », a répondu l'échevine. « En objectivant les choses, il va aussi permettre de dégager des solutions plus efficaces. Enfin, il donnera accès à des subsides supplémentaires. »