Hainaut L’ex-propriétaire du Mika Shoe est devenu un habitué des procédures.

Comme toute bonne saga, celle du Mika Shoe a aussi droit à son sequel. Celui-ci lorgnerait plutôt du côté d’Ally McBeal ou de Perry Mason.

Le chancre a en effet pu être démoli en 2016 et un pré fleuri occupe aujourd’hui l’espace. Mais la commune et l’ancien propriétaire du magasin de chaussures gardent le contact, à travers les tribunaux.

Multiples recours

L’ex-propriétaire s’était fait une spécialité d’introduire des actions en justice. Ce qui avait d’ailleurs retardé pendant des lustres la démolition du magasin laissé à l’abandon, en plein centre d’Ecaussinnes, depuis les années 90. Spécialité dans laquelle l’ancien propriétaire n’excelle pas vraiment. S’il a pu mettre pendant longtemps des bâtons dans les roues des autorités, il n’a finalement pas pu empêcher l’expropriation et la démolition.

Ainsi, le dernier jugement en date illustre le côté dérisoire des choses. Il a été rendu par le Conseil d’Etat en janvier. L’ex-propriétaire du Mika Shoe avait introduit un recours pour empêcher les équipes de chantier d’emprunter un parking lui appartenant, passage obligé pour aller démolir l’ancien magasin de chaussures. Un recours jugé irrecevable puisque le Mika Shoe avait été démoli entre-temps, "la partie requérante reconnaissant elle-même qu’elle a perdu son intérêt d’agir", comme le note l’arrêt du Conseil d’Etat. Résultat des courses : une justice déjà saturée mobilisée pour rien et 1 100 euros à payer dans le vent pour la partie requérante.

L’ex-propriétaire du Mika Shoe aurait pu en rester à cet énième coup d’épée dans l’eau. Et pourtant… une autre action en justice est en cours pour contester la décision du juge de paix qui a permis l’expropriation du chancre pour l’euro symbolique. "L’affaire passera devant le tribunal de première instance de Mons. Nous ne savons pas encore quand", indique le bourgmestre Xavier Dupont.

Mais dans ce dossier, il n’y a pas que l’ancien propriétaire du Mika Shoe qui saisit la justice. Après avoir essuyé de nombreux recours et procès en tous genres, la commune d’Ecaussinnes a elle aussi introduit une action. Retour à l’envoyeur. "L’ancien propriétaire a continué à percevoir un loyer pour l’antenne GSM située sur le site", explique le bourgmestre. "Or, après l’expropriation, c’est la commune qui devait percevoir cet argent. Nous avons donc introduit une action en justice pour le récupérer."

Encore deux procès à l’horizon pour l’ancien propriétaire du Mika Shoe donc. Et qui sait, peut-être des procédures en appel…