Hainaut

Ils ont chacun leur point de vue sur les questions du jour. Ils les confrontent, au lieu de s'affronter. Les conflits d'idées ne manquent pas mais ils s'expriment généralement dans le respect de l'autre. Petit florilège de propos sur un même thème: Mons! «Nous consacrons beaucoup de moyens à la sécurité, avec une dotation de 12,5 millions d'euros à la police et de 14 millions au service incendie», souligne Elio Di Rupo, «sans compter les 20 millions affectés à la propreté publique et à la gestion des déchets». Il insiste aussi sur «la valorisation patrimoniale» de la ville, «qui figure, à ce titre, parmi les plus belles». Mais, sur le plan socio-économique, la création d'emplois demeure problématiqueet le bourgmestre en titre annonce déjà une réflexion approfondie concernant l'accueil de la petite enfance. «Il manque des places dans les crèches, or, si on y remédie au mieux, des personnes pourront se libérer pour un travail», explique-t-il.

Richard Miller, échevin des Finances (MR), estime qu'il faudrait «lancer un système de chasseurs d'investissements, qui vanteraient la région. Les investissements culturels et patrimoniaux, c'est positif, indéniablement, mais il manque le «return» économique». Il note toutefois que la Ville, qui bénéficie de l'aide du Plan Tonus, a entamé le redressement de ses finances sans augmenter l'IPP ni les additionnels au précompte immobilier. Richard Miller entend bien compter à nouveau auprès du PS, en cas de nouvelle coalition communale après les élections. «La force d'Elio est très importante, dans tous les projets et le MR participe au sérieux et à la stabilité de la gestion communale» dit-il, «il y a un respect mutuel et l'entente dans la majorité est excellente».

Jean-Pierre Viseur (Ecolo) ne partage pas cette euphorie: «Nous pourrions mettre notre dynamisme au service d'une majorité, de manière bien plus efficace et participative que le MR. Quel est son bilan après six ans?». Le chef de groupe Ecolo porte un regard critique sur les projets réalisés, mettant en opposition «les dépenses de prestige», qu'il faudrait, à ses yeux, diminuer au bénéfice de «dépenses de bien-être et de convivialité», dans les quartiers de la périphérie montoise.

Quant à Jacques Hamaide, chef de groupe CDH, mandataire depuis 42 ans, il affirme être «Montois avant d'être CDH» et qu'«Elio n'ayant pas trop mal géré, il est difficile, voire dépourvu de sens, d'être systématiquement critique sous prétexte qu'on est dans l'opposition». Le CDH espère sortir de ce statut et gagner, «car Elio ne s'associera pas avec quelqu'un qui perd». Malgréle reproche de «certains choix culturels unilatéraux, qui ont délaissé, par exemple, les variétés et les comédies», Jacques Hamaide voudrait une alliance PS-CDH mais il n'est pas le seul en piste.

© La Libre Belgique 2006