Hainaut Le terril privé se trouve à cheval sur les deux communes d’Aiseau-Presles et Farciennes.

Réaménager un site de grand intérêt biologique à l’aide de terres issues de la filière déchets, cela ne manque pas de soulever des questions.

Elles viennent d’être posées par la députée PS Graziana Trotta au ministre wallon Carlo Di Antonio (CDH), en charge de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire.

Attrait paysager

Le terril Saint-Jacques, dénommé aussi terril de la Fosse Saint-Jacques ou Grand Pachi, est situé sur les communes d’Aiseau-Presles et de Farciennes. D’une étendue de plus de 35 hectares, il se caractérise par son attrait paysager, mais aussi par la présence d’espèces animales sur liste rouge (le crapaud calamite, par exemple), et de variétés de plantes répertoriées comme rares (la limonelle aquatique), comme on peut le constater sur la plateforme biodiversite.wallonie.be. Le site y obtient la meilleure évaluation parmi une liste de 82 répartis au Sud du pays.

"On y observe des pentes nues, des zones d’éboulis, des friches, des boisements pionniers, des zones humides ainsi que deux plans d’eau occupant le fond de cratères, favorables à l’herpétofaune et aux libellules", peut-on lire dans la fiche descriptive. "Or, un panneau signalant un centre d’enfouissement technique - une décharge - a été installé à proximité du pont de Tergnée", dit la députée. "Il me revient que des déchets de toutes sortes y sont déposés par camions entiers."

Le ministre est formel : d’abord, le site ne figure pas sur la liste des CET, rappelle-t-il. Ensuite, ces travaux de remblayage s’inscrivent dans le cadre d’un permis octroyé à la SA Roton Environnement. Un permis de réaménagement délivré sur recours en mars 2013.

Deux conditions supplémentaires

Quelles menaces pour la qualité du biotope, les écosystèmes et la santé publique ? Dans sa réponse, Carlo Di Antonio apaise les inquiétudes : d’abord, les modalités du remblayage sont soumises au respect de plusieurs avis émis par l’administration.

Ensuite, le permis impose deux conditions supplémentaires à la procédure appliquée en matière de déplacement et valorisation de terres : la tenue d’une comptabilité permettant une traçabilité des lots, et l’obtention d’un certificat d’utilisation, accordé pour une durée déterminée et assorti de conditions de suivi fixées au cas par cas.

"En outre, tous les déchets utilisés en remblai sur le site doivent être conformes aux normes imposées par le permis d’urbanisme, des normes qui ont été établies sur base d’une étude de risques sur la santé humaine et l’environnement", conclut le ministre.