Hainaut

Chez les Bourdeaud'huy, cela fait trois générations que l'on s'acoquine à la politique enclusienne. Encore fallait-il se faire un prénom. Jean-Pierre se l'est fait sur les terrains de foot de la région. Comme quoi, 20 ans à courir derrière un ballon, ce peut être la voie royale vers la politique.

Lorsqu'on lui a proposé de renforcer la liste MR lors des communales de 2000, qui aurait pu se douter qu'il allait battre tout le monde, toutes listes confondues, au petit jeu des voix de préférences ? Six ans après, le voilà déjà bourgmestre. Et les libéraux, avec 8 sièges sur les 13 que compte le conseil communal, deviennent le parti le plus fort qu'ait jamais connu le Mont de l'Enclus. De quoi mettre PS et CDH dans l'opposition.

A 42 ans, Jean-Pierre Bourdeaud'huy fait partie de ces gens qui travaillent plus de 12 heures par jour. C'est donc sans sourciller - "j'ai un caractère assez trempé, peu de choses me font peur" - qu'il s'apprête à mener de front sa fonction de cadre dans une société d'assurance et son mandat communal. Un mandat crucial puisque, à terme, il en va du poste de bourgmestre lui-même : "Nous sommes 3 500 habitants. Le risque est réel que demain l'on associe le Mont de l'Enclus avec une plus grande commune pour pouvoir faire des économies d'échelle. Mon plus grand enjeu politique, ce sera d'assurer notre indépendance". Et cela passera par une situation financière stable avant tout autre grand projet, explique celui qui, en 6 ans d'échevinat des Finances, a réussi à redresser la barre.

Comité de quartier

De capitale hippie en 1969, le Mont de l'Enclus est aujourd'hui devenu le jardin du Tournaisis. Les dimanches de beau temps, 10 000 visiteurs se baladent aux alentours du splendide massif boisé. Le tourisme est ainsi devenu la première activité économique de la commune.

Il est impératif de garder cette carte de visite et de préserver le paysage, dit en substance le bourgmestre, lui qui ne "reconnaît plus le village de [son] enfance". Oui aux entreprises, évidemment, mais pour autant qu'elles aient la taille de PME. Oui aux nouveaux habitants, bien sûr, mais alors en évitant les grands lotissements - "on devra mener une politique très stricte en matière d'urbanisme".

Fort d'un collège exclusivement libéral - "les tâches sont bien réparties dès le départ" -, le futur bourgmestre compte faire des problèmes d'inondations sa grande priorité. "Il faudra faire appel à un bureau d'études pour bien quantifier dans le temps l'importance des travaux." Second axe, la proximité, avec la création de comités de quartier chapeautés par un échevin. Et enfin, troisièmement, l'accent sera mis sur le secteur associatif, et en particulier la réhabilitation du stade communal : "Si demain un club de foot veut se reconstruire, la commune sera là pour l'aider". L'appel est lancé.

Pas de projets pharaoniques, donc. Et c'est presque étonnant, tant on sent que l'homme est bourré d'ambition. "Laissez-moi d'abord digérer ma nouvelle affectation, mais si un jour je suis appelé à un autre niveau politique, pourquoi pas. Vous savez, c'est un virus. Il y a sept ans, je n'aurais jamais dit que je m'engagerais un jour en politique."

© La Libre Belgique 2006