Hainaut Mickaël et Nicolas ne s'attendaient pas à sauver quelqu'un, mardi passé. 

Ils étaient tous les deux venus chez Véronique (nom d'emprunt) vers 9 heures du matin pour l'aider à remplir son poêle à charbon. La cinquantaine, mais fort malade, elle avait demandé quelques jours plus tôt aux CPAS d'envoyer quelqu'un pour l'aider à remonter un seau de charbon de sa cave à son salon, pour continuer à se chauffer en paix. 

Mais quand les deux ouvriers sont arrivés, personne n'a répondu. Ils ont insisté : un rendez-vous était pris. "Et là, j'ai entendu un geignement 'huuumgn' à l'intérieur", explique Mickaël. "Heureusement la porte était ouverte, alors on est entré."

Et là, avec son collègue Nicolas, ils ont trouvé Véronique étendue dans son salon. Elle était tombée, la veille au soir, avant d'aller se coucher... et n'avait jamais réussi à se relever. 

"Heureusement son poêle était encore chaud, elle n'est pas tombée en hypothermie, mais elle était très faible", ajoute l'ouvrier du CPAS. Elle avait probablement passé la nuit à appeler au secours. 

Ni une, ni deux, les deux hommes ont aidé Véronique à se relever, en faisant bien attention de voir si elle avait mal, si un membre était cassé. Ils ont ensuite contacté le CPAS qui a dépêché une ambulance sur place.

Une semaine après, Véronique est rentrée chez elle, et tout est en ordre. 

La solitude a tué 3 personnes en 10 ans

"Mais ce que cette histoire illustre, c'est qu'il y a un vrai danger à la solitude dans nos sociétés actuelles", souligne le président du CPAS, Jacques Lambert (cdH). 

Il souhaite mettre en place une cellule d'accompagnement composée de bénévoles, de personnes sous ALE et d'assistantes sociales, peut-être avec le soutien de la police, pour tenter d'améliorer la situation. "Que ces gens ne soient plus seuls, une espèce de liste de personnes avec qui garder un contact régulier, éviter les situations d'urgence."

Parce que depuis qu'il est en fonction, c'était en 2006, il a déjà connu trois personnes décédées. "En 2009, à Loverval, une dame a été retrouvée morte dans sa maison. Ses quatre chiens, affamés, avaient commencé à... vous voyez." Un autre exemple sordide, heureusement non-mortel: un couple de personnes âgées, dont la femme était tombée, et son mari avait fait un malaise cardiaque en lui venant en aide. 

"A chaque fois c'est la même chose, ces gens sont seuls et personne ne sait quand quelque chose ne va pas", ajoute-t-il. "Et avec la population vieillissante, si on ne fait rien, ça ne va aller qu'en s'empirant."

Il lance donc une grande réflexion pour mettre en place une structure de soutien, mais il n'en est qu'au début de la réflexion. "En attendant, si les gens pouvaient se dire de temps en temps: tiens, je vais aller faire coucou à ma vieille voisine de temps en temps, ça pourrait aussi sauver des vies."