Hainaut Installée dans le zoning de Ghislenghien, la société Pranarôm international a des envies d’extension. Fondé en 1991 par le pharmacien Dominique Baudoux, ce laboratoire spécialisé dans l’aromathérapie scientifique et médicale organisait cette semaine une réunion publique pour présenter son projet d’extension engendrant une demande de permis unique. “Nous avons besoin de matières premières et surtout d’un espace de stockage supplémentaire. 

Et deux options se présentent à nous” , souligne Jean-Philippe Leduc, directeur des opérations chez Pranarôm. La première, c’est le rapprochement avec une structure voisine du zoning et donc un bâtiment déjà existant. Une jonction via une passerelle pourrait alors être envisagée. Clairement, c’est l’option privilégiée par les dirigeants. D’abord parce qu’elle serait à coup sûr plus rapide et aussi parce que le bâtiment en question, avec une superficie de 3 000 m 2 , se prêterait bien à cette extension. La deuxième option nécessiterait la construction d’un nouveau bâtiment, sur le site actuel de Ghislenghien là aussi. “Il ferait 1 400 m 2 et offrirait 5 600 espaces palettes supplémentaires. Il y aurait aussi 300 m 2 de bureaux” , explique Jean-Philippe Leduc. “Le bâtiment aurait une hauteur de 20,5 m. Nous pourrions y entreposer des huiles essentielles ainsi que de l’alcool dénaturé.” Le stockage de liquides inflammables est soumis, on s’en doute, à une législation pointue. 

On parle bien ici de “dépôt de liquide inflammable de plus de 50 000 litres, dont le point éclair est inférieur à 55°, mais ne répondant pas à la définition de liquide extrêmement inflammable (cat. B)” dans le cadre de cette extension d’activités. “Pour Pranarôm, les matières entreposées ont un point éclair de quelques dizaines de degrés. Il s’agit de liquides qui restent inflammables mais pas extrêmement inflammables” , précise Gérald Gosselin, responsable du bureau Incitec qui sera chargé de mener l’étude d’incidences. “L’objet de la demande porte sur un dépôt de plus de 50 000 litres, ce qui nécessite un passage de catégorie et donc, forcément, une autorisation.” Il n’est donc pas ici question d’ajouter une ligne de production. A ce niveau, Pranarôm vient de réaliser des investissements. Mais avant d’expédier les commandes, que ce soit à Ath ou à Ténérife, il faut pouvoir stocker les matières et c’est bien là l’objet du projet présenté. 

 Doubler le nombre de clients Pranarôm constitue une des marques emblématiques du groupe Inula Natural Health, qui englobe aussi Biofloral (élixirs floraux) et HerbalGem (gemmothérapie). “La fusion entre Pranarôm et HerbalGem est intervenue en 2013. Nos deux laboratoires sont des pionniers, chacun dans leur domaine. Nous avons toujours beaucoup insisté sur les formations, à destination entre autres des magasins bio, des herboristeries et des pharmacies” , souligne Sergio Calandri, administrateur-délégué/CEO du groupe. “La certification HECT, gage de qualité, a été obtenue dès 1995. Les produits de l’aromathérapie ont été lancés réellement en 2003 en pharmacie et le marché a explosé. Auparavant, on les retrouvait surtout dans les magasins bio. Nous proposons aujourd’hui une gamme variée avec plus de 200 huiles essentielles et une bonne vingtaine d’huiles végétales.” Le groupe prône une utilisation responsable des huiles essentielles. “Avec une adaptation nécessaire en fonction de l’âge de la personne et de la pathologie” , assure Sergio Calandri. “Nous avons nos propres cultures en Belgique, en France et à Madagascar. Nous possédons six filiales dans le monde, dont deux sites en Belgique.” 

Plus de 200 personnes font partie du groupe, dont 90 à Ghislenghien et une bonne quinzaine à Vielsalm. Au niveau du chiffre d’affaires, la croissance est impressionnante : 22 % en 13 ans. “Nous étions à 73 millions en 2016 et nous serons à 85 millions pour 2017. L’objectif est d’atteindre 135 millions en 2020. C’est dans cette optique que nous avons besoin d’espace” , rappelle l’administrateur-délégué. “Le stockage et la production vont augmenter. Nous aimerions passer de six à dix filiales d’ici à 2020 et de 10 000 à 20 000 clients.”