Hainaut Ginette Renard, 65 ans, s’est fait un nom et une réputation

Femme de caractère et personnage atypique de la vie politique brugelettoise, Ginette Renard, 65 ans, s’est fait un nom et une réputation avant même de rejoindre, en 2013, les bancs du conseil communal. Et ce, bien au-delà des frontières de l’ancienne cité sucrière, une des rares communes en Belgique où les électeurs furent appelés à retourner aux urnes quelques mois après l’organisation du premier scrutin. "Si j’ai contesté à l’époque, c’est parce que les bulletins de vote n’étaient pas conformes au modèle initial qui avait été validé par les différentes listes. En effet, au moment d’entrer dans l’isoloir, les électeurs ont constaté qu’ils n’avaient pas la possibilité de cocher la case censée figurer à côté de mon nom et que cela pouvait dès lors m’être préjudiciable", commente Ginette Renard.

Même si notre interlocutrice a fini par obtenir gain de cause et a arraché ce siège tant convoité, qui lui avait déjà échappé par deux fois lors d’élections antérieures, inutile de dire que sa démarche contestatrice ne lui a pas valu que des amis.

Plébiscitée par 361 voix de préférence sur une liste indépendante dont elle était l’unique représentante, Ginette Renard a, malgré tout, dû mordre sur sa chique en cédant un second siège à la nouvelle majorité. Cette première législature lui a permis de découvrir les rouages de la vie politique communale, mais également d’être confrontée aux lenteurs de certaines procédures administratives, notamment en matière d’obtention de subsides. "Ayant fait ma carrière professionnelle à La Poste où cela était réglé comme du papier à musique, j’ai trouvé que cela manquait parfois de rigueur et de méthode dans le suivi des dossiers."

Il est clair qu’il n’a pas toujours été facile pour la conseillère indépendante de faire entendre sa voix puisqu’elle siégeait en solo. "Au début de la mandature, ça n’a pas été évident. Un peu comme à l’école, je devais bien lever la main pour pouvoir prendre la parole et être sûre d’être entendue sur tel ou tel sujet."

Courtisée par plusieurs partis en vue du rendez-vous électoral, Ginette Renard a finalement choisi de rejoindre la nouvelle liste "Brugelette Ensemble" de l’échevine CDH Isabelle Liégeois.

"Hélas, je n’ai pas de boule de cristal, mais Isabelle et moi espérons faire partie bien évidemment de la prochaine majorité. Nous allons tout faire pour, car de nombreux Brugelettois attendent du changement au niveau de la gouvernance locale. Si je fais de la politique, ce n’est pas pour ma gloriole mais pour améliorer le sort de mes concitoyens. J’ai toujours été à l’écoute des gens, c’est mon côté altruiste."

La note sévère

"Je vais encore m’attirer les foudres de certaines personnes, mais j’accorde une note sévère de 3 sur 10 à la majorité sortante, car je trouve qu’elle manque cruellement de vision à moyen et à long terme par rapport aux stratégies à mettre en place pour renforcer le développement et l’attractivité de notre entité. Les deniers publics ne sont pas toujours utilisés à bon escient. Je suis scandalisée quand je vois, par exemple, l’état déplorable de nombreuses voiries communales. J’estime que les contribuables brugelettois paient déjà suffisamment de taxes et d’impôts en tous genres pour exiger en retour des routes convenables et entretenues. C’est malheureusement loin d’être le cas."

Six longues années

"Mon principal regret, c’est d’avoir dû siéger durant ces six années sur les bancs de l’opposition. J’espère qu’il en sera autrement au cours des six ans à venir. Se retrouver dans la minorité est un exercice forcément ingrat. Il est difficile d’agir efficacement quand vous êtes en infériorité numérique. C’est fatalement frustrant et, parfois, décourageant de soumettre à la majorité des propositions dont on sait que celles-ci auront peu de chance d’être retenues. Tout au long de cette législature, je pense avoir fait le maximum pour relayer les attentes et les préoccupations de la population."

Demi-satisfaction

Habitant Cambron-Casteau, Ginette Renard a elle-même été affectée par le trafic infernal que générait voici encore quelques années le parc Pairi Daiza pour la traversée de son beau village. Elle s’est battue aux côtés des autres riverains pour qu’une nouvelle route de contournement soit construite depuis la N56 entre Ath et Mons. "La situation s’est nettement améliorée, même si nous subissons encore pas mal de charroi lié aux activités du parc ainsi que le stationnement anarchique de certains visiteurs. La police n’est pas assez répressive et la Commune aurait dû prévoir un système pour éviter que ces derniers ne se garent devant les habitations afin de ne pas devoir payer le parking du parc."

Bonne nouvelle

Pairi Daiza n’est pas un endroit qui fait rêver Ginette Renard, contrairement aux deux millions de visiteurs qui le fréquentent désormais chaque année. "Je préférais le parc à ses débuts, lorsque sa vocation était purement ornithologique. Aujourd’hui, il y a trop d’attractions et de monde, mais je peux comprendre que le concept plaise autant." La conseillère, qui n’a pas sa langue en poche, se réjouit néanmoins de la convention qui vient d’être signée entre Éric Domb et le bourgmestre de Brugelette pour la gestion future du site de l’ancienne sucrerie. "Je ne sais par quel miracle ces deux-là se sont réconciliés mais c’est une excellente chose pour l’avenir de la commune."