Hainaut Le bourgmestre a rencontré les anciens travailleurs des laminoirs, qui n’ont toujours pas été indemnisés.

Deux ans de patience et toujours pas un sou en poche. C’est la réalité des anciens travailleurs de Longtain, licenciés lorsque l’homme d’affaires Stéphan Jourdain a repris les laminoirs en 2015. Ils auraient pourtant dû bénéficier de deux rentrées financières, l’une à hauteur d’1,8 million d’euros issue de la garantie bancaire de Condesca, l’autre de la vente des terrains à la ville de La Louvière.

Dans les deux cas, l’argent est là mais les travailleurs n’en ont pas encore vu la couleur. "Il y a deux blocages. Le premier est lié au fait que le liquidateur n’a pu gérer le dossier suite à une grave maladie", précise Philippe Bertleff, du SETca Centre. "Nous rencontrons son remplacement ces prochains jours et espérons pouvoir débloquer le 1,8 million d’euros qui se trouve sur le compte depuis plus d’un an."

Situation inquiétante

Cette somme devrait permettre de payer les créances des travailleurs et la mise en place d’un volet social. "Le deuxième blocage, et c’est celui-là qui nous inquiète, concerne 1,2 million d’euros issu de la transaction entre la ville de La Louvière et la société Vieux Waleffe, dont Stéphan Jourdain est à la tête. La convention prévoyait qu’il verse l’argent sur le compte du curateur le plus rapidement possible, mais cela n’a pas été fait."

Aujourd’hui, la situation inquiète. "Tout le monde sait que Stéphan Jourdain n’est pas venu dans la région du Centre pour reprendre l’activité. Nous sommes persuadés que nous devrons aller devant les tribunaux pour que le versement soit effectué. Mais nous n’abandonnerons pas, nous ferons tout notre possible pour que les travailleurs obtiennent ce qui leur appartient."

No comment

Ces mêmes travailleurs ont également interpellé le bourgmestre de Manage, Pascal Hoyaux (PS), qui a décidé de monter au créneau. "De nombreux anciens travailleurs sont issus de ma commune. Aujourd’hui, ils estiment qu’ils ne sont pas tenus au courant de l’évolution du dossier et ne voient rien venir. Ma démarche est simple : je souhaite secouer le cocotier."

Des accords ont été pris par toutes les parties, à l’époque du licenciement. "La Ville de La Louvière a tenu sa parole. Il faut que les autres suivent, que des réponses soient apportées aux travailleurs." Pour ce faire, le maïeur compte sur la justice mais également sur la presse et le monde politique. "Le ministre Marcourt (PS) (en charge de l’industrie : NdlR) sera interpellé sur le dossier ce jeudi. On peut espérer que cela bouge."

De son côté, Stéphan Jourdain, que nous avons contacté hier, a dit "ne plus vouloir faire aucun commentaire sur ce dossier", ajoutant qu’il "s’en désintéressait totalement depuis deux ans" au profit de son avocat.