Hainaut

La cour d'assises du Hainaut n'a reconnu aucune circonstance atténuante en faveur de Gaetan Minne, condamné à la peine de réclusion criminelle à perpétuité pour avoir volontairement bouté le feu, la nuit, à un bâtiment dans lequel se trouvaient son ex-compagne, la mère de cette dernière et ses quatre enfants. 

Seule une petite fille âgée de quatre ans avait survécu à l'incendie. La cour a retenu l'extrême gravité des faits, survenus le 22 juin 2015 Marchienne-au-Pont (Charleroi), la responsabilité mentale de l'accusé, son profil psychologique et le fait qu'il n'a retenu aucun enseignement des rappels socio-professionnels et judiciaires. Le cour n'a trouvé aucune circonstance atténuante malgré l'absence de structure familiale et les carences affectives dont il a été victime.

Mardi, le jury avait déclaré Gaetan Minne coupable d'avoir volontairement bouté le feu, la nuit, dans une habitation de Marchienne-au-Pont (Charleroi). Cinq personnes, deux femmes et les trois enfants de l'accusé, sont morts dans l'incendie. Blessée, une petite fille avait survécu. L'accusé a aussi été reconnu coupable de menaces et de dégradation.

Il était un peu plus de 4h00, le 22 juin 2015, quand les services de secours étaient avisés qu'un incendie ravageait une maison située le long de la rue de Zone. Quand les pompiers sont arrivés sur les lieux, moins de dix minutes plus tard, le feu avait détruit l'étage de l'habitation. Pour les homme du feu, il était impossible d'avoir accès à l'étage compte tenu de la chaleur dégagée par les flammes.

Dans les décombres, les pompiers avaient retrouvé cinq corps calcinés. Il s'agissait de Paulette Lachambre (64 ans), de sa fille Cynthia Van Reusel (27 ans) et de ses trois fils âgés de sept, cinq et un an. Seule une petite fille âgée de quatre ans avait survécu. Dans un geste désespéré, sa maman l'avait jetée par la fenêtre et la petite avait lourdement chuté sur le sol. Blessée au poignet gauche, la petite avait raconté plus tard que sa maman était en feu. C'est la dernière image qu'elle aura de celle que ses amies avaient baptisé "maman courage".

Tout l'inverse de son père, Gaetan Minne. L'homme a grandi à Tournai et a vite basculé dans la petite délinquance. Préférant pêcher la carpe et consommer de l'alcool au lieu de travailler, le père de famille pouvait aussi se montrer violent avec sa femme et ses enfants, dont il s'occupait très peu. Après avoir travaillé comme article 60 à la Ville de Tournai, il avait décroché un job à tout faire dans un fast food à Couillet mais il a abandonné cet emploi après une semaine.

Lassée de traîner ce "boulet" qu'elle aimait pourtant et de subir sa violence, Cynthia avait décidé de repartir vivre chez sa maman à Marchienne-au-Pont. Fatiguée de tout faire à pied, la jeune femme avait passé son permis et trouvé un travail dans les titres-services. Cynthia avait décidé de démarrer une nouvelle vie. Mais Gaetan Minne ne l'entendait pas de cette manière.

A plusieurs reprises, il a menacé de mort sa compagne, oralement ou par SMS. Dans un message, il lui promettra de "danser avec Lucifer" car le diable était avec lui. Cynthia avait déposé une plainte contre lui, le 4 juin. Dix jours plus tard, elle avait néanmoins accepté de l'accompagner à la Côte, pour ses enfants. Le 19 juin, elle avait accompagné ses enfants lors d'un voyage scolaire à Pairi Daiza et semblait tracassée selon les institutrices de l'école.

Le 22 juin au matin, fâché de ne pas pouvoir reprendre sa "chose", Gaetan Minne a déversé de l'essence à l'étage et sur l'escalier et il a bouté le feu. Il a pris la fuite et a été arrêté en septembre, avant une ultime tentative de fuite par le plafond d'un hôpital.

Après, il a nié, menti et multiplié les contradictions. Il a finalement avoué les faits lors du procès après avoir été confronté aux experts incendie qui ont démonté sa version en diffusant une vidéo de quatre minutes. La thèse accidentelle qu'il avançait ne tenait dès lors plus la route, l'incendie criminel ne faisant plus aucun doute.

Les avocats et l'avocat général sont convaincus que sans l'oralité des débats, liée aux procès en assises, qui sont désormais potentiellement correctionnalisables, Gaetan Minne ne serait jamais passé aux aveux.