Hainaut À Charleroi pas de sanction immédiate mais de la compréhension et des solutions.

L’actualité nous apprend que le monde médical est touché par de gros problèmes d’alcoolisme chez les médecins et autres spécialistes de la santé.

Certains préjugés ont la dent dure contre les personnes qui travaillent "à la commune".

Parmi ces idées reçues : la consommation d’alcool des agents communaux sur leur lieu de travail.

Dans les administrations communales les choses sont prises au sérieux et traitées, le plus souvent possible, comme un problème humain avec ses causes et ses conséquences.

Souvent mentionné dans les règlements de travail ou dans les règlements d’ordre intérieur, la consommation d’alcool est purement et simplement proscrite au boulot.

À Farciennes et Châtelet, il est clairement interdit de consommer de l’alcool mais il n’est pas interdit d’en boire à titre exceptionnel comme à une fête communale ou une inauguration.

À Charleroi, l’action va plus loin. Une administration qui compte 4.000 agents est obligée de prévoir ce genre de situation.

Pour gérer le problème d’alcoolisme, la ville a mis sur pied une charte des assuétudes valable pour l’alcool et la drogue.

Le directeur général de Charleroi, Christophe Ernotte, est responsable de tous les employés et ouvriers : "Nous prônons la tolérance zéro, mais nous avons conscience qu’il s’agit d’un problème humain avant tout. Depuis que je suis en fonction, je n’ai connu qu’un seul cas où il a fallu mettre une procédure disciplinaire en route.

Si un agent communal est pris à boire ou arrive au travail en ayant déjà consommé de l’alcool, son chef et moi-même appelons sur le champ le SIPPT [NdlR : Service interne pour la protection et la prévention au travail].

L’élément pris à défaut est invité, dans son intérêt, à se soumettre à un test d’alcoolémie. Nous ne procédons pas à une gradation. On a bu ou on n’a pas bu ! Dans le cas d’un constat positif, l’agent est libre de se prendre en charge, c’est-à-dire qu’il va rencontrer une personne en interne pour discuter de son problème ou alors fréquenter une association capable de l’aider pour vaincre son assuétude. S’il ne s’y soumet pas, il sera sanctionné et réprimandé."

Il n’est pas question de renvoi immédiat mais plus d’un dialogue avec l’intéressé. Si aucune faute n’est permise, comme pour chaque règle, il existe des exceptions. Il est donc autorisé de boire un petit verre aux bons vœux du bourgmestre et autres événements ou seul l’employeur (la commune de Charleroi) le permet.

En général, ne sont mis à disposition que des jus de fruits, de l’eau ou une simple choppe. "L’abus reste toutefois un danger pour la carrière de l’employé et le ‘pas vu pas pris’ reste de vigueur un peu comme lors des contrôles routiers", conclut Christophe Ernotte réaliste.

Derrière le fait de boire au travail, il faut rechercher les véritables causes. Une telle dépendance reflète souvent un mal-être surtout s’il est répété.