Hainaut

C’est un des ténors des cours d’assises et des tribunaux correctionnels, le bâtonnier du barreau de Tournai, Me Jean-Philippe Rivière, qui défendra Nathan D., placé sous mandat d’arrêt et inculpé de l’assassinat d’Alfred Gadenne, le bourgmestre de Mouscron, mort égorgé, lundi soir, dans le cimetière de Luingne.

L’information a été donnée par la chaîne de télévision régionale Notélé. Me Rivière, 53 ans, avocat depuis 1989, est notamment connu pour avoir défendu Sabine Dardenne lors de l’affaire Dutroux. Il est également intervenu, aux côtés de feu Me Frédéric Clément de Clety, à la défenseur du jeune Polonais Adam G., l’un des auteurs de l’agression mortelle de Joe Van Holsbeeck, le 12 avril 2006, gare Centrale, à Bruxelles.

Me Rivière est né à Ath mais a toujours vécu à Tournai. Il a de qui tenir puisque son père Gérard fut également avocat et a occupé la fonction de bâtonnier du barrau tournaisien entre 1980 et 1982 .

D’une grande rigueur sur les plans juridique et éthique, Me Rivière n’est pas un avocat qui s’épanche et se jette sur les micros ou au-devant des caméras de télévisions.

Au contraire, il nourrit à l’égard des médias sinon de la méfiance du moins une certaine réserve. La justice-spectacle, très peu pour lui. Ce qui ne l’a jamais empêché de prendre la parole quand les intérêts de son client étaient injustement malmenés.

Un homme sensible voire émotif

On dit l’homme quelque peu secret mais son entourage ne voit pas du tout les choses de cette façon. Ses proches le jugent sensible, parfois même émotif quand la réalité et la cruauté d’un dossier pénal le rattrapent. C’est ainsi que, plusieurs fois, lors du procès Dutroux on l’a vu au bord de l’explosion face au comportement du principal accusé.

Dix ans après le procès Dutroux, il avait d’ailleurs déclaré à Sudpresse, “Dutroux ne m’inspire pas de la haine mais de la rage, contenue dans la mesure du possible. Du dégoût également, une aversion totale. Dutroux est de ces personnages dont on voudrait qu’il ne soit pas humain, pas de la même race que nous. Qu’on nous dise qu’il vient d’une autre planète et que l’humanité n’a pas pu engendrer cela. La pire chose qu’on peut faire à Dutroux et de ne plus jamais parler de lui, ne plus jamais citer son nom, là, il va devenir fou.”

Contre la peine de mort, pour la cour d’assises

Très respecté par les magistrats et ses collègues, Me Rivière ne supporte pas la médiocrité et la duplicité. Il ne faut pas essayer de l’instrumentaliser car il peut alors se montrer redoutable avec vous.

Qu’il ait choisi le droit pénal et fasse beaucoup de droit de la famille n’est pas un hasard. Plus que la procédure, c’est l’aspect humain de son métier qui l’attire. C’est le lien de confiance qu’un avocat peut nouer avec son client qui le fait avancer.

Mais aussi la conviction qu’un avocat est là pour combattre les injustices, les rumeurs, les vilenies et pour faire éclater la vérité, même si elle n’est que judiciaire. Il l’a toujours fait avec le plus grand respect pour toutes les parties et sans jamais, croit-on, s’être faire manipuler par un client.

Adversaire farouche de la peine de mort et grand pourfendeur des conditions de détention en Belgique, Me Rivière s’est aussi battu pour le maintien de la cour d'assises considérant que sa suppression était “un véritable recul de la civilisation” et “une négation de l’Etat de droit”.