Hainaut Charleroi et Tournai sont à l’honneur pour deux projets au niveau du fondamental.

Le Palais royal de Bruxelles vient d’accueillir la remise des prix Reine Paola, qui récompensent depuis 22 ans maintenant "des enseignants qui ont excellé dans leur profession". Comme l’a rappelé le comte Bernard de Traux de Wardin, son président, "le Prix a permis de récompenser durant cette période près de 500 enseignants ou groupes d’enseignants de nos trois communautés qui ont fait montre là d’une créativité et d’un dévouement sans bornes".

Une réponse qui s’imposait après la grave crise traversée par le secteur. Depuis lors, les missions des professeurs et des instituteurs ne se sont pas simplifiées, tout au contraire. Cette année, l’enseignement fondamental était sous les projecteurs. Du côté flamand et germanophone, les écoles lauréates, soit respectivement l’école communale d’Eupen Oberstadt et la section maternelle de l’Onze Lieve Vrouwcollege de Ledeberg, se sont focalisées sur des projets d’intégration multiculturelle. Du côté francophone, le premier prix est allé à l’équipe de professeurs de l’école communale du Val d’Orcq à Tournai pour leurs ateliers "pédagogiques et créatifs rassemblant des élèves de différentes classes d’âge et les incitant à l’action". L’équipe éducative dirigée par Rodolphe Cuvelier s’est battue pour le concrétiser. Le projet repose sur une grande implication de l’enseignant, à la fois organisateur, médiateur et conseiller, bien au-delà de la transmission du savoir. En même temps, il fallait aider les enfants à se muer en chercheurs, ce qui n’est pas toujours évident dans un environnement marqué par une grande mixité sociale et interculturelle.

Le deuxième prix a été attribué à Vanessa Dubaniewicz, de l’école communale de Gilly Sart-Allet à Charleroi. Une école dans un environnement social peu favorisé mais où les élèves ont été reconnus pour leurs capacités à mener à leur manière des projets culturels mais aussi relatifs à l’apprentissage des mathématiques. Enfin, le troisième prix est allé à Stéphanie Knop et Laura Leblanc de l’école Désiré Denuit à Lasne pour un projet intitulé "Les mathématiques dans la vie de tous les jours". Il ne faut pas se fier aux apparences : même dans un environnement aussi privilégié que celui de Lasne, la tâche des enseignantes est loin d’être aisée car les enfants qui fréquentent l’école présentent des troubles de la personnalité et des difficultés de comportement. Avec aussi des situations familiales difficiles et des résultats scolaires en dents de scie. Un désintérêt politique navrant. Et pourtant, là aussi, l’équipe des enseignantes a, par son dynamisme et ses convictions, réussi à surmonter bien des difficultés en reconnaissant les spécificités des enfants qui leur ont été confiés. Une remarque récurrente depuis plusieurs années : si la reine Paola était accompagnée cette fois de la princesse Claire, force est de constater le désintérêt des responsables politiques de l’école. Cette fois encore, il n’y avait qu’un seul ministre, Harald Moller, le ministre germanophone. La Fédération Wallonie-Bruxelles fut sauvée par la présence d’une partie du collège échevinal de Tournai, le bourgmestre Delannois en tête…