Hainaut

Le site louviérois s’apprête à fermer, la majorité du personnel a été licencié

C’est un véritable coup de massue qui frappe les Loups. Les Productions du Dragon (PDD), entreprise de Franco Dragone, seraient en effet sur le point de fermer leurs portes. Seul le département Dragone Costumes ne serait pas concerné et pourrait rester implanté à La Louvière. Plusieurs vagues de licenciement ont déjà été organisées par le passé. Aujourd’hui, il ne reste sur le site que 19 travailleurs, dont neuf sont en préavis.

Aujourd’hui, plusieurs questions se posent. Tout d’abord, comment ces licenciements successifs ont-ils pu passer inaperçus ? “Si rien n’avait jusqu’ici été divulgué, c’était à la demande explicite des travailleurs qui ont voté en assemblée générale et qui ne souhaitaient pas faire mauvaise presse à Franco Dragone, au risque de le faire fuir plus rapidement”, explique Sabrina Gervasi, du SETca.

Jusqu’ici, nombreux étaient ceux qui avaient encore l’espoir de sauver leur emploi. “Ils y ont cru jusqu’au bout, ils espéraient sincèrement qu’une solution soit dégagée. Après le choc des premiers licenciements, ils ne se sont pas laissés abattre. De notre côté, nous avons négocié avec la direction, nous avons tenté de sauver un maximum d’emplois. Mais, tout comme le personnel, nous nous sommes rapidement rendu compte que ce ne serait pas possible.”

Sur les travailleurs encore actifs, presque tous sont affiliés au syndicat. Un heureux hasard ? Non, selon le SETca, qui explique que pratiquement tous les travailleurs étaient affiliés, y compris ceux qui ont déjà été licenciés. Notons par ailleurs que parmi ceux-ci, certains ont déjà retrouvé un emploi. D’autres n’avaient pas attendu que le navire coule pour le quitter.

Enfin, une autre question mérite réflexion : le monde politique était-il au courant de ce qui se tramait ? En sachant que le fils d’Olga Zrihen (PS), conseillère communale et sénatrice, est toujours actif sur le site, il était fort à parier que oui. L’élue dément pourtant. “Je ne suis pas au courant de la situation professionnelle de mon fils. Je savais qu’une procédure en réorganisation judiciaire (PRJ) était lancée mais je n’en savais pas plus. Le monde de la production et de l’événementiel est particulier, ce n’est pas la première fois qu’une restructuration a lieu. Je ne savais pas quelle ampleur cette dernière prendrait.”

Et d’ajouter : “Une PRJ est une procédure légale, strictement encadrée. Une intervention politique n’aurait, à mon sens, pas été correcte, d’autant plus qu’il s’agit d’une société purement privée.” Toujours est-il qu’aujourd’hui, c’est un monument, une véritable institution qui s’apprête à baisser le rideau.

"Une perte pour La cité des Loups"

La fermeture programmée des Productions du Dragon se sera préparée sans bruit, sans réaction politique. “Oui, la porte-parole du groupe Dragone travaille à la ville mais il s’agit de deux fonctions qui n’ont aucun lien l’une avec l’autre”, précise Jacques Gobert (PS), bourgmestre. “Je n’ai donc pas eu d’information privilégiée par rapport à la situation. J’ai par contre rencontré les travailleurs très récemment. Ils m’ont fait part de ces vagues de licenciements, que l’on ne peut que regretter. Les sociétés Dragone sont vecteur d’emplois et contribuent au rayonnement de La Louvière. C’est donc une perte importante pour la commune.” 

Et d’ajouter : “Je pense que même si j’avais pu rencontrer Franco, il m’aurait expliqué qu’aucune autre solution n’était envisageable. Connaissant son attachement pour notre ville, sa volonté d’y maintenir un ancrage, je suis persuadé que ce n’est pas une décision souhaitée.”