Hainaut

Le psychiatre qui a suivi Frédéric Urbain après son arrestation a levé le voile mardi matin, devant la cour d'assises du Hainaut, sur la personnalité de cet homme, âgé aujourd'hui de 31 ans et accusé d'avoir tué une prostituée, Cécile Djate Kyungu, d'une vingtaine de coups de couteau.

Les voisins de la victime ont également été entendus. L'expert a surtout insisté sur deux points importants: la nature introvertie de l'accusé et son impulsivité qui «représente un certain danger». Il a décrit un homme qui fuit ses responsabilités mais qui sait ce qu'il dit tout en présentant une mémoire sélective.

L'avocat général Buisseret a alors demandé si l'accusé «pouvait encore choisir d'occulter une partie de la vérité». Ce à quoi le médecin a répondu par l'affirmative. Frédéric Urbain était, au moment des faits, responsable de ses actes et était tout à fait apte à réagir ensuite. L'argent est un sujet très sensible chez lui. Les voisins de Cécile Djate Kyungu ont été ensuite entendus. Tous connaissaient l'activité de leur colocataire. Chacun a décrit la victime comme quelqu'un de calme, doux, discret et serviable ajoutant qu'elle n'était nullement aguicheuse.

Ce fut alors le tour des anciens «clients» de la victime. Les deux premiers, confus, ont nié avoir eu des rapports payants avec Cécile D. Kyungu. Le troisième a déclaré avoir acheté une fois seulement les services de la prostituée. Tous trois ont suivi une relation plus ou moins longue avec celle-ci. Ils ont tous senti chez elle, une certaine méfiance et un besoin d'attachement: «On n'entrait pas chez elle comme on voulait». Elle demandait constamment qui sonnait et n'ouvrait que lorsqu'elle était sûre de l'identité de la personne.

A aucun moment, Cécile Djate Kyungu n'a été décrite comme agressive ou violente, même sous l'emprise de l'alcool, pour lequel elle avait un petit penchant depuis la mort de son mari. C'était une personne qui recherchait une présence, qui rendait service aux autres et qui n'avait jamais tenu des propos vulgaires ou injurieux comme le prétend l'accusé. Ce mercredi, l'ex-femme de Frédéric Urbain témoignera, ainsi que les personnes qui l'ont côtoyé avant le drame.

© La Libre Belgique 2006