Hainaut

La prison de Leuze-en-Hainaut sera, en effet, réalisée, un an plus tard. C’est ce qu’a indiqué le ministre sortant de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V), invité pour une soirée-débat sur la question, par le groupe communal d’opposition "Idées/CDH". Un débat prévu de longue date bien avant la mise en place d’élections anticipées et qui a donc été maintenu. On en sait désormais plus sur le calendrier. Le 28 juin, l’un des huit consortiums (composé d’un architecte, entrepreneur et d’un investisseur) sélectionnés pour construire les quatre nouvelles prisons en Belgique, dans le cadre d’un concours européen, sera définitivement désigné. Le futur gouvernement devrait ensuite donner son accord à la rentrée. Suivront la demande de permis et la tenue d’une enquête publique avant que la construction proprement dite ne soit entamée, a précisé le bourgmestre Lucien Rawart (MR).

Les Leuzois, venus en nombre assister au débat (environ 200 personnes), ont aussi appris que la prison accueillera 300 détenus, tous des hommes et condamnés à des peines (et donc pas de prévenus, comme à Mons). 300 à 400 membres de personnel devraient être recrutés via les examens fédéraux du Selor. Une desserte de bus devrait également être installée devant la prison et pourra servir aux employés du zoning de l’Europe tout proche. Quant à la gare, Christian Brotcorne (CDH) a estimé que sa pérennité pourra enfin être garantie grâce à la prison.

En outre, la zone police de Leuze-Beloil devrait accueillir dans ses rangs des policiers supplémentaires. Marc Garin, le chef de Zone de la police de Mons, a admis la charge de travail "incontestable" dû à la prison, surtout en période de grève des agents pénitentiaires, le "poison pour les services de police". Mais il a aussi insisté : "en dix ans, il n’y a jamais eu de plaintes sur la prison. Il y a beaucoup de préjugés mais qui ne sont pas la réalité".

Un autre intervenant, Axel Piers, directeur de la prison de Mons, a mis l’accent sur la sécurité dans une prison ("un impact nul des évasions") et sur les impacts positifs pour Leuze : des emplois durables, l’achat de fournitures et marchandises pour les détenus dans le marché local et la consommation dans les commerces par les visiteurs.

Mais du côté du public, on ne voit pas forcément les visiteurs d’un bon œil. "Ils vont sans doute errer dans la ville et profiter de l’opportunité pour voler", a ainsi avancé une dame. A part cette question et une autre intervention, sur l’absence de débat sur l’emplacement (à l’entrée de la ville et du zoning, "ça fait mauvais genre"), il n’y a eu aucune opposition vive Une dame a même demandé les démarches à effectuer pour être visiteuse bénévole