Hainaut

Ce n’est pas encore dans les prochains mois que les tensions s’apaiseront et que le dossier des laminoirs de Longtain se fermera. En effet, plusieurs rebondissements sont venus étoffer un dossier déjà complexe et socialement difficile.

Le 17 juillet dernier, le repreneur et propriétaire des laminoirs, Stéphan Jourdain, annonçait sa volonté d’introduire une demande de procédure en réorganisation judiciaire (PRJ). Les syndicats étaient alors montés au créneau et s’étaient réunis pour faire le point sur la situation.

Mardi, une audience avait lieu au tribunal de commerce de Mons. Durant cette séance, Stéphan Jourdain a demandé un sursis d’un mois afin de trouver un repreneur puisqu’il a annoncé qu’il se retirait de la partie.

Le tribunal de commerce valide la PRJ

C’est cependant ce mercredi matin que le tribunal de commerce de Mons s’est prononcé. S’il a validé la PRJ, il est allé dans le sens des syndicats, qui jugeaient le délai beaucoup trop court et qui demandaient un sursis de trois mois minimum.

"Nous avions fait cette demande en front commun syndical , explique Philippe Bertleff, secrétaire régional Setca. Le tribunal a rencontré notre volonté d’aller vers une PRJ de trois mois afin de nous laisser plus de temps pour trouver un éventuel candidat repreneur."

Si cette décision a satisfait les syndicats, le temps presse désormais. "Nous allons très rapidement nous mettre autour de la table. Dans les prochaines heures, nous réunirons toutes les personnes capables d’aller trouver un candidat repreneur compétent." Si la volonté est telle, c’est qu’ils estiment que les laminoirs sont "une activité industrielle importante pour la région déjà durement touchée et qu’un emploi sauvé n’est plus un emploi à créer."

Conscients que l’enjeu est de taille et que le temps joue en leur défaveur, ils disent rester méfiants vis-à-vis de Stéphan Jourdain. "Nous restons prudents car nous ne faisons pas confiance à un homme qui change régulièrement d’avis."

Les syndicats sont en effet toujours persuadés que Stéphan Jourdain souhaite "une opération immobilière et non industrielle" et que son objectif n’est pas d’assurer la survie de l’entreprise.