Hainaut

Un plaque commémorative sera installée pour les neuf mineurs piégés par un coup d'eau à Thieu

Ils s’appelaient Léopold Hardat, Paul Sottiau, Prudent Van den Bosch, Hyppolite Mainil, Léon Depauld, Clovis Motte, Plisnier François, Jean-Baptiste Desmecht et Adolphe Desmecht. Le 2 mars 1914, le coup d’eau du charbonnage de Thieu les laissait ensevelis au fond de la mine. 104 ans plus tard, leurs corps y reposent toujours. 104 ans plus tard, le cercle d’histoire du Roeulx entend leur rendre hommage.

"Quand j’étais bourgmestre, j’avais déjà fait installer un petit wagonnet sur la place Hardat", rappelle Albert Tesain, aujourd’hui président du cercle d’histoire local. "À présent, nous allons apposer sur ce wagonnet une plaque commémorative avec les enfants des écoles en hommage à ces victimes du puits Saint-Henri. Une date sera fixée prochainement avec le SPW. Nous préférons attendre le passage des élections."

Pour le Cercle d’Histoire Léon Mabille, il était temps de faire un geste pour saluer la mémoire des neuf mineurs tragiquement disparus. "Depuis tant d’années, il n’y a jamais rien eu pour perpétuer le souvenir de ces mineurs qui ont payé un lourd sacrifice", poursuit Albert Tesain. "Ce qui leur est arrivé est tragique. C’était une catastrophe prévisible. Les travailleurs avaient fait remarquer plusieurs jours avant qu’il y avait des infiltrations d’eau. La direction avait répondu que ce n’était pas grave et avait procédé à quelques réparations très sommaires. Ca n’a pas tenu. Le 2 mars 1914, les eaux envahirent tout à coup les travaux sous-terrains du siège Saint-Henri à Thieu, emportant tout sur leur passage."

Les neuf mineurs ont doublement été victimes d’une forme d’avidité. "Pour répondre à une forte demande, la maison mère de Strépy-Bracquegnies avait fait réaliser un charbonnage à Thieu dans la précipitation, sans prendre toutes les précautions nécessaires", poursuit Albert Tesain. "Et après la catastrophe, l’entreprise a abandonné les recherches au bout du mois car cela coûtait trop cher de dégager les corps." Le cercle d’histoire ne les a pas oubliés.