Hainaut La barre des 1 000 revenus d’intégration sociale pourrait être bientôt franchie.

Le CPAS de Mouscron se trouve dans une situation de plus en plus compliquée. Malgré les efforts de l’institution, les chiffres de la pauvreté sont inquiétants.

"Sans être devin, je peux vous dire que l’avenir ne sera pas rose", glisse le président Benoît Segard, à l’heure de présenter le budget 2018 ce lundi soir. "De plus en plus de personnes font appel à nos services de première ligne."

Premier chiffre interpellant : les revenus d’intégration sociale (RIS) : 962 en 2016 contre 681 en 2013. Le CPAS essaie de remettre des personnes au travail via les articles 60. 80 personnes sont ainsi mises à l’emploi. Le travail du service de réinsertion socioprofessionnelle va s’intensifier.

Autre chiffre inquiétant : celui du nombre de dossiers gérés par le service de médiation de dettes. 360 en 2016 contre 50 en 2013.

Hausse des dépenses

Le personnel des maisons de repos (242 équivalents temps plein) est lui aussi mis à rude épreuve :"Nous avons quatre maisons de repos pour 402 résidents et la charge de travail de plus en plus importante parce que les personnes qui arrivent dans nos maisons de repos y arrivent de plus en plus âgées. Certains arrivent aussi avec des troubles mentaux. Nous avons également des missions en termes de maintien à domicile, avec les repas à domicile notamment."

Le CPAS doit aussi composer avec des hausses au rayon des dépenses. Les cotisations ONSSAPL représenteront 1,3 million d’euros en 2018. Et cela va empirer.

Autre chantier, en cours cette fois : les maisonnettes du quartier du Petit Pont à Mouscron pour les personnes âgées à Mouscron. Certaines ont été détruites. Dix nouvelles maisons pour personnes à mobilité réduite seront construites, et les autres seront rénovées. Le quartier comptera au total 72 maisonnettes à loyer réduit.

Droit dans le mur

Fort de ces constats, Benoît Segard lance aujourd’hui un SOS. "L’avenir sera très difficile. Il est sombre. La charge s’alourdit d’année en année. Nous octroyons toujours plus de RIS et avoir un emploi n’est même plus un rempart face à la pauvreté. Il faut conserver le rêve fou de vouloir l’éradiquer. Mais sans une modification du système actuel, le CPAS fonce droit dans le mur."