Hainaut La ville est en net retrait par rapport aux autres agglomérations wallonnes.

Coup dur pour Charleroi : le magazine "Médor" a enquêté sur la mobilité à vélo au centre-ville, et le bilan est plus que décevant.

"8 h. Posté devant le parc, on attend notre premier cycliste. Quarante-cinq minutes plus tard, pas un coup de pédale sous nos yeux", écrit la journaliste Sandrine Warsztacki dans son dossier qui sera publié vendredi prochain. "Bilan à 10 heures : trois cyclistes et un gamin qui fait du BMX sur le trottoir." Et en effet, en croisant les statistiques communales et les chiffres de l’ASBL Pro Velo, le constat que pose l’enquête est sans appel : Charleroi a dix fois moins de cyclistes par heure et par carrefour que Bruxelles… en 1998 ! Plusieurs points noirs sont repérés par le Gracq, le lobby des cyclistes : "On a un retard énorme, la volonté est là mais les choses avancent beaucoup trop lentement, explique dans l’article Hélène Moureau, responsable de l’antenne locale. Le vélo garde encore l’image d’un transport pour les écolos ou les pauvres." Les sens uniques y sont également pointés du doigt, parce qu’avec plus de 500 dont à peine 10 % seront (ce n’est pas encore le cas) aménagés pour les cyclistes, pas facile de se déplacer aisément à vélo.

Le problème n’est pas neuf

Autre étude, mêmes résultats : Test-Achats a publié en avril une enquête qui remonte à fin 2016. Sur les 230 répondants carolos, 45 % ont utilisé une fois leur vélo au cours du dernier mois, 24 % l’ont utilisé une fois au cours de la dernière semaine. Ces statistiques montent à 90 et 83 % à Bruges, par exemple.

Le problème n’est pas neuf. En cause : de nombreux appels à projet ont été manqués, Charleroi n’y a tout simplement pas répondu par le passé. Et donc, vu le fonctionnement des opérations de subventionnements wallons, la Ville n’a reçu pratiquement aucun argent. Des parkings pour vélos ont bien été installés récemment, mais ils sont inutilisés. Et c’est normal, pour arriver au centre-ville, il faut traverser le ring. Et rien, ou presque, n’a été mis en place pour faciliter le transit des cyclistes. Prenez le rond-point du Marsupilami : qui oserait s’y lancer à vélo pour le moment ? Cet état de fait devrait changer à l’avenir, d’après le plan de mobilité. "Mais cette stratégie a l’air un peu à l’abandon, regrette la journaliste, cycliste au quotidien à Bruxelles, il y a beaucoup de petites choses faites plic-ploc, mais une vision d’ensemble, ça manque."

Côté ville, on précise qu’une attention particulière sera portée sur la mobilité des grands axes… Mais après la rénovation de la ville haute, qui vient à peine de débuter.