Hainaut Bad buzz pour le service public du TEC Charleroi, ils se font incendier sur leur page Facebook.

Lundi à 14h, la page Facebook du TEC Charleroi a publié le message suivant, encadré d'émoji mignons dans l'esprit des fêtes de Noël : "Rejoignez la patinoire et le marché de Noël de Charleroi en transport en commun."

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Et les réponses des internautes n'ont pas tardé. Les Carolos ont immédiatement sauté sur l'occasion de dénoncer un "post déplacé", alors qu'une grève de 3 jours vient d'être annoncé du 20 au 22 décembre.

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On a compté les scores, et les chiffres parlent d'eux-mêmes : sur 65 commentaires, cinq sont neutres (et aucuns positifs) et soixante sont des moqueries, des quolibets, voire même des insultes. C'est un ratio d'un peu moins de 92% des gens qui sont mécontents de la publication!

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"Quand ça roule, c'est comme les miracles de Noël"

On peut classer les mécontents en quatre catégories.
  1. Les "lucides" : ils sont une grande majorité à pointer du doigt la grève de 3 jours qui arrivera un peu avant Noël. Preuve par A + B, pour eux, que la proposition du TEC de venir en bus au marché de Noël ne tient pas la route.
  2. Les "impolis" : certains internautes n'hésitent pas à diriger leur colère vers les chauffeurs et agents qui font la grève, avec une forte utilisation de gros mots que nous ne citerons pas ici.
  3. Les "résignés" : une petite minorité des Carolos semblent avoir tout simplement abandonné l'idée d'avoir un service public qui roule.
  4. Les "compatissants" : c'est la catégorie la plus intéressante, mais elle ne comprend pas un nombre élevé de commentateurs. Ces internautes font part de leur mécontentement, mais proposent aussi des solutions ou posent des questions pertinentes.
On notera aussi quelques mécontents qui se plaignent du prix, il est vrai parfois rébarbatif, des transports en commun.

Dans la dernière catégorie, celle des compatissants, certaines idées reviennent à plusieurs reprises :
  • "Je suis super en colère contre votre façon de gérer vos discussions avec le gouvernement. Ce n'est pas en faisant grève à répétition que vous arriverez à des résultats ! Faits plutôt les transports gratuits, au moins vous n'aurez pas la population à dos", remarque Carine.
  • "Bien entendu ce ne sont pas forcément les chauffeurs qui sont responsables, ils doivent suivre le mouvement au risque de se retrouver au chômage ou autre. Quelle belle mentalité, quelle belle hypocrisie: avant de faire de la publicité pour du wifi ou pour donner des conseils, vous feriez mieux de vous mettre d'accord", ajoute Christel.
  • "Ca n'a plus aucun sens, cela ne profite en aucun cas aux travailleurs", note Calogero.

Pourquoi font-ils grève?


Si la CGSP a remis un préavis de grève pour décembre, c'est pour protester contre les réformes du ministre Di Antonio (cdH) qui prévoit une fusion des TEC, un service minimum dans les bus et métros, et des sanctions pour les travailleurs faisant une grève sauvage.

Les syndicats socialistes étaient déjà montés au créneau récemment pour protester contre les réformes du gouvernement Michel, notamment sur les pensions, le saut d'index (2% de salaire perdus à jamais, disent-ils) et l'austérité (NdlR: réduire les dépenses publiques pour tenter de résorber la dette, une autre option est d'augmenter les dépenses pour tenter de relancer l'économie).

Il en a beaucoup été question ces derniers temps dans les médias : la grève, si la plupart des gens reconnaissent qu'il s'agit d'un droit fondamental et d'un outil de recours ultime pour faire entendre la voix des travailleurs, est-elle le meilleur moyen de faire pression sur le gouvernement ?

Ce que reprochent ces internautes carolos, qui sont rejoint dans une grande majorité des débats publics par d'autres Wallons, c'est que lorsque les bus ne roulent pas, c'est eux qui sont pénalisés. Pas le gouvernement. Et les syndicats se tromperaient de cible.

Mais d'un autre côté, il y a le gouvernement fédéral (et régional depuis le changement de majorité) qui semble refuser toute discussion sur le fond. Les travailleurs font grève pour les pensions, et on leur annonce qu'il va y avoir un service minimum. Les travailleurs font grève pour le service minimum, on leur annonce qu'ils pourront être sanctionnés. C'est un raccourci, la situation est plus complexe et les propositions des autorités ne sont pas là juste pour embêter les chauffeurs syndiqués, mais c'est plus ou moins l'ambiance actuelle.

Ce dont ont besoin les syndicats, c'est du soutien populaire, s'ils veulent se faire entendre. Et ce n'est pas le cas aujourd'hui, vu le mécontentement ambiant. En tout cas, le message de Noël du TEC Charleroi a complètement manqué sa cible, mais n'a pas manqué de rappeler que la communication et les relations publiques ne sont pas toujours un exercice facile.