Hainaut Le district de Charleroi enverra 9 élus au "parlement" de Mons.


C’est peu de dire que les élections provinciales ne passionnent pas les foules. À cause du déficit de visibilité de l’institution elle-même et malgré les efforts consentis par ses élus afin de la rapprocher du citoyen ? En tout cas, le Hainaut ne déroge pas à la règle : dans le district de Charleroi, les candidats estiment que les missions sont mal connues du public.

Elles s’articulent autour de cinq axes majeurs : l’enseignement d’abord, avec un réseau d’établissements secondaires, une offre supérieure à travers les hautes écoles, des cours de promotion sociale et un enseignement spécialisé et clinique pour l’accueil des personnes porteuses de handicaps. L’action sociale est le deuxième levier d’action en importance, elle représente 30 % du budget annuel, soit une centaine de millions d’euros sur 355. Viennent ensuite la culture et le tourisme, la santé et le sport, et enfin l’écodéveloppement.

La Province n’en fait-elle finalement pas un peu trop ? La perception de ses compétences est brouillonne, on s’y perd.

Le 14 octobre , le conseil provincial sera renouvelé : sur ses 56 élus, neuf seront issus du district de Charleroi, quatre de celui Châtelet, cinq de celui Fontaine l’Evêque et six de celui de Thuin.

Les principaux enjeux des années à venir ? À Charleroi, il y a la construction de la Cité des métiers et son intégration dans le futur campus des sciences, des arts et des métiers sur le site de l’UT. C’est un projet de 43,5 millions d’euros sur 55.000 mètres carrés, multi-réseaux et multi-opérateurs, ce qui en fait un vrai laboratoire de synergies dans un secteur de l’enseignement où ce n’est pas la tradition (lire ci-contre).

De manière plus globale, l’institution va devoir réfléchir sans tabou aux moyens de servir le citoyen. Quitte à remettre en question son propre modèle. Pour subsister, elle doit se tourner davantage vers les partenaires que sont les communes et les citoyens, dans le cadre de la supracommunalité.

L’expérience a commencé en Hainaut où la Province investit dans le local 19 millions par an au travers notamment du financement des zones de secours.

La Cité des métiers, le projet phare de la Province

À Charleroi, la Cité des métiers sera le gros projet pro

vincial de la prochaine mandature. Le montage financier ne tient plus qu’à des détails, la programmation immobilière est arrêtée.

Le projet concerne deux sites, celui des Aumoniers du travail derrière le centre commercial Ville 2 où le premier pôle de formation technique verra le jour en 2019, le pôle soudure. Et celui de l’UT où le projet s’intègre dans le futur campus des sciences, des arts et des métiers qui doit voir l’expansion de l’enseignement universitaire avec l’ULB et l’UMons.

Sur le terrain pour la première fois, des étudiants des deux institutions seront formés sur un même lieu par des équipes mixtes d’enseignants, sur des équipements partagés. Une petite révolution qui en appelle d’autres si les résultats sont au rendez-vous.

À ce stade, le calendrier prévoit l’ouverture du chantier à la mi 2020, pour une durée de 30 mois jusqu’en 2022. Quand elle tournera à plein régime, la Cité des métiers de Charleroi attirera chaque année 3.000 étudiants, et quelque 150.000 visiteurs, promet-on.

La suppression des provinces revient en force dans le débat

Faut-il maintenir les provinces en l’état ou réorganiser leurs compétences ? Le débat est ouvert, et bien ouvert.

Les partis ont déjà exprimé leur vision : le MR et Ecolo sont sur la même longueur d’onds pour ouvrir un chantier de réflexion sans tabou, qui pourrait conduire à la disparition de l’institution telle qu’elle est. Le CDH n’a pas d’exclusive. Le PS est également ouvert au dialogue. Si Défi s’est prononcé à Bruxelles pour la suppression des provinces, sa tête de liste pour le Hainaut à Charleroi se refuse à ce qu’un amalgame soit fait : "Les contextes sont différents", selon Jean-Noël Gillard.

Le seul parti ouvertement opposé à la fin des provinces, c’est le PTB. Qui en profite pour pointer le mauvais climat de travail et la charge de stress qui pèsent sur les 10.000 agents provinciaux, dont 25 % sont concentrés sur le bassin de vie de Charleroi.

Une étude a été commandée par l’Association des provinces wallonnes pour examiner différents scénarios, du statu quo à la suppression.

Si les provinces sont rayées du paysage politique belge, des communautés de communes pourraient s’y substituer…

Personnes handicapées : de l’intégration à l’inclusion

Dans le district de Charleroi, tous les candidats aux élections provinciales sont d’accord : au cours de ses deux mandatures, le député Yves Lardinois (PS) dont le travail s’achève a réellement fait avancer la cause de l’intégration de ceux qu’il appelle "les personnes extraordinaires".

En Hainaut plus que partout ailleurs, les infrastructures d’enseignement spécialisé et d’accueil de la personne handicapée ont été rénovées : institut médico-pédagogique de Marchienne, école clinique à Montignies-sur-Sambre, ancienne brasserie Grenier, atelier protégé d’imprimerie, classes de l’IMP de Marcinelle. Dans le même temps, les rencontres se sont multipliées, notamment lors des journées ensemble avec les personnes extraordinaires en mai à Marcinelle.

Si le travail d’intégration doit se poursuivre, les candidats à la Province veulent booster l’école inclusive. Concrètement, il s’agit de favoriser l’immersion d’enfants porteurs de handicaps dans des classes ordinaires, au-delà des rencontres ponctuelles. Cela permet une plus grande ouverture à la différence et une véritable pratique du vivre ensemble.