Hainaut La carte du bruit de la ville fait apparaître des niveaux excessifs autour des axes routiers.

La ville de Charleroi veut densifier l’habitat autour des grands axes structurants. Mais une étude de bruit réalisée sur l’entité indique à quel point les routes empoisonnent la qualité de vie. Elles sont - et de loin - la première source de nuisances acoustiques, et cela, avant l’activité aérienne qui fait l’objet d’un plan d’exposition sur les quartiers survolés et à proximité de l’aéroport.

Ainsi, il apparaît que 162 000 habitants, soit quatre sur cinq, vivent avec des niveaux de bruit de 55 décibels, le seuil que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère comme celui du bien-être. Et on en est à un sur trois la nuit. Selon l’OMS, des valeurs supérieures à cet indice de référence engendrent une gêne sérieuse.

Même si la plupart des gens ne s’en rendent pas compte, le bruit affecte la santé. Il est à l’origine de troubles du sommeil, d’insomnies et favorise le stress. "Une exposition durant une longue période à des niveaux supérieurs à 55 dB, soit ceux d’une rue fréquentée, peut faire monter la tension artérielle et provoquer des crises cardiaques", indique l’OMS pour qui le seuil de 40 décibels est un objectif à atteindre dans les villes.

Pas de quoi attirer de nouveaux habitants, selon Ecolo

Jusqu’au 15 septembre prochain, le plan d’action visant à gérer les problèmes de bruit et leurs effets sur l’environnement est soumis à enquête publique, le dossier peut être consulté au service Propreté de la Ville de Charleroi, à Montignies-sur-Sambre, sur rendez-vous préalable au 071/86.72.91 ou 071/86.94.12.

Dans ce document, Xavier Desgain (Ecolo) a pointé des éléments problématiques. Pour ne pas dire inquiétants. Il ressort ainsi que 19 900 Carolos sont soumis à des niveaux de 70 décibels en journée et le soir, et 27 000 de plus de 60 décibels la nuit.

Ce sont les indices considérés en Wallonie comme ne pouvant être dépassés. Les problèmes se concentrent le long des grands axes de circulation : le ring qui n’est pas équipé de panneaux antibruit à de nombreux endroits, la A503 qui le connecte au périphérique R3, la route de la Basse Sambre, l’A54, la nationale 5, la RN53.

Quelles mesures la Ville préconise-t-elle pour améliorer la situation ? Selon Ecolo, "rien d’efficace. Elle se contente de mettre en œuvre son plan communal de mobilité, dénonce Desgain. Avec des actions très locales surtout concentrées en centre-ville". Pour lui, cela n’est pas de nature à attirer de nouveaux habitants.