Hainaut A Charleroi, de nombreux travailleurs FGTB n’assureront pas leur poste aujourd’hui.

Dire : ‘les bus ne roulent pas’, ça n’aide pas", admet Philippe Barbion, responsable CGSP-admi (FGTB). "Les gens se mettent contre nous alors, sans qu’on puisse leur expliquer pourquoi on fait ces actions… Ce n’est pas par plaisir. Oui, les gens sont embêtés quand, comme aujourd’hui, de nombreux conducteurs de bus partent manifester. Mais on fait ça aussi pour eux. Vous savez, le conducteur perd sa journée de travail, donc son salaire. On lui verse 30€ de compensation, mais ça ne suffit pas. Il ne faut pas croire que c’est une journée de vacances."

Son collègue Carmino Fasano, responsable intersecteur, propose une autre façon de voir les choses : "Ce n’est pas que les bus ne roulent pas parce que les travailleurs partent manifester, mais plutôt : parce qu’il y a des attaques contre les droits des travailleurs qui viennent de l’Etat fédéral, ces personnes s’y opposent et partent manifester, et le fait qu’ils ne soient pas à leur poste pendant ce temps cause des perturbations."

Contre les réformes du gouvernement fédéral

La FGTB et la CSC organisent aujourd’hui une grande manifestation dans les rues de Liège. Leurs griefs et revendications n’ont pas changé en trois ans : c’est la continuité de la grande manifestation qui a réuni 100 000 personnes à Bruxelles en 2014. "On se bat contre des réformes du gouvernement fédéral", reprend Philippe Barbion. "Le saut d’index qui fait que tout le monde a perdu 2 % de salaire qui ne seront jamais récupérés, la pension à 67 ans, la hausse de la TVA sur l’électricité, la suppression du droit aux allocations d’insertion aux jeunes, la hausse du prix des médicaments, les économies de 900 millions dans les hôpitaux et les soins de santé,… (NdlR : la liste est longue)." Pour les syndicats, s’attaquer au service public, c’est s’attaquer aux services rendus à tout le monde. "Si demain les Tec sont privatisés, les lignes moins rentables seront supprimées. Et là, au lieu d’avoir des perturbations de temps en temps, les gens n’auront plus rien du tout. Et là, il sera trop tard." Quant aux Tec Charleroi, "il y aura de fortes perturbations, 10 à 15 % des bus et métros seulement rouleront", conclut Serge Delchambre, responsable du secteur.