Hainaut

Voici quelques semaines, l’ASBL Animaux en péril et les autres refuges wallons se mettaient en grève pour protester contre la décision assez incompréhensible de l’unité du bien-être animal (UBEAW) - un service dépendant du SPW - d’offrir à un marchand de bestiaux une quinzaine de moutons rescapés d’une saisie opérée en mars dernier dans la région montoise. Si cette cellule existe toujours alors que les refuges réclamaient sa dissolution, le ministre Di Antonio a depuis lors revu son fonctionnement en profondeur et réformé le système.

" Depuis le 1er juillet, l’UBEAW n’a plus le monopole en ce sens qu’elle n’est plus la seule à pouvoir saisir des animaux maltraités. Les bourgmestres des communes wallonnes bénéficient désormais d’une compétence équivalente, de même que les policiers, à condition qu’ils obtiennent le feu vert de l’instance mayorale", se réjouit Jean-Marc Montegnies, président de l’ASBL Animaux en péril. "Le pouvoir de saisie est désormais étendu à autant de bourgmestres qu’il n’y a de communes, soit 262, alors que l’UBEAW ne compte que 17 contrôleurs et inspecteurs vétérinaires. L’autorité est donc beaucoup mieux représentée sur le territoire régional", ajoute le responsable du refuge de Meslin-l’Evêque (Ath).

Une réforme efficace

Cette réforme, intervenue après le coup de gueule des refuges, vient déjà de montrer son efficacité. Pas plus tard que la semaine dernière, le bourgmestre de Piéton (Chapelle-lez-Herlaimont) a ordonné à ses services de police d’intervenir chez un particulier parti en vacances en abandonnant un important cheptel de moutons et d’animaux de basse-cour dont certains étaient déjà morts au moment de la saisie.

Les bonnes nouvelles s’enchaînent pour les refuges qui viennent d’obtenir une seconde avancée significative après le vote par le gouvernement wallon du nouveau code du bien-être animal. Celui-ci prévoit, notamment, l’obligation d’avoir un permis pour détenir un animal, le renforcement des peines pour les auteurs de maltraitance, sans oublier la fin des élevages de poules pondeuses en cage et des manèges à poneys ou encore l’étourdissement avant l’abattage. "Ce nouveau code constitue la plus grande avancée depuis la loi de 1986. La Wallonie est désormais la première terre d’Europe à offrir à l’animal le statut d’un être doué de sensibilité ayant des droits au même titre que l’humain."