Hainaut Les bénévoles à l’origine de cette monnaie locale espèrent en séduire au moins quinze de plus.

Créé en 2006, le ropi (en hommage au ropieur, NdlR) éprouve quelques difficultés à se faire une place dans la Cité du Doudou. Mais il en fallait plus pour décourager l’équipe à l’origine de la création de cette monnaie parallèle, 100 % montoise. Plus de dix ans après sa création, le ropi est toujours d’actualité. Il est aujourd’hui accepté et utilisé (plutôt discrètement) dans quinze commerces de l’entité.

D’autres pourraient allonger la liste à plus ou moins court terme. "Idéalement, nous aimerions rencontrer l’adhésion de 30 commerces, actifs dans cinq secteurs d’activité différents. Tant que nous n’avons pas obtenu ce tissu, nous ne communiquerons pas davantage vers le grand public, même si nous savons qu’il y a une certaine demande de sa part", explique Laurent Cardon, secrétaire et comptable de l’ASBL.

Les bénévoles ne souhaitent pas aller plus vite que la musique. "En 2006, le projet a légèrement capoté parce qu’il y a eu un trop gros engouement de la population par rapport au nombre de commerçants adhérents. Nous travaillons désormais par phase et démarchons les commerçants montois sur notre temps libre. Ce qui explique cette relative lenteur à se développer."

"Développer un sentiment citoyen"

S’ils adhèrent au projet, les commerçants s’engagent à soutenir l’économie montoise. "Les clients ne dépensent pas un ropi comme il dépenserait un euro puisqu’il ne peut être utilisé qu’en centre-ville et dans les environs, là où l’euro peut traverser les frontières européennes ou être converti. Il permet aussi de développer un sentiment citoyen : lorsque le commerçant remet un ropi à son client, il sait que ce dernier finira par lui revenir ou sera utilisé chez un commerçant voisin."

Mais ce ne sont pas les seuls avantages : "Des études ont montré que les monnaies complémentaires circulaient cinq fois plus vite qu’une monnaie nationale, notamment parce qu’il n’est pas possible de les thésauriser. Cela signifie que sur un laps de temps déterminé, un même billet enrichira cinq fois plus de personnes. L’impact sur l’économie locale est indéniable."

Enfin, Laurent Cardon évoque le rôle joué par ces monnaies parallèles, qui n’ont pas vocation à remplacer les monnaies officielles. "Il y a un aspect éducationnel : lorsque le client se retrouve avec un ropi entre les mains, il se questionne : va-t-il pouvoir le dépenser ? Sera-t-il accepté partout ? De quelle garantie dispose-t-il ? Que se passe-t-il s’il perd de sa valeur ? Ce sont des questions q ue beaucoup ne se posent plus avec l’euro." En plus de contribuer à l’économie locale, le ropi joue donc un rôle d’éducation permanente.