Hainaut La ville ouvre ses rues et ses quartiers pour la Fête d’ouverture de son année culturelle et européenne.

Mons va entrer officiellement dans son année charnière qui est le début d’une nouvelle aventure à la fois sociale, économique et culturelle. En ayant décroché le titre de capitale européenne de la culture pour l’année 2015, Mons a misé sur l’éblouissement pour ouvrir son bal européen. Samedi, la capitale européenne de la culture entre dans la danse qu’elle a mis plus de quatre ans à peaufiner.

La Fête d’ouverture promet d’être éclatante avec une vingtaine de projets artistiques et 17 sites en ébullition. Tous les recoins de la ville de Mons vont se métamorphoser à coups de son et lumière. Mons attend depuis belle lurette cette chance unique de briller aux yeux de l’Europe. Toutes les équipes sont sur le pont pour que l’événement transcende les générations et s’inscrive dans l’histoire.

"Je me sens à la fois un peu fébrile et enthousiaste", confie Yves Vasseur à nos confrères de la Dernière Heure, le commissaire général de la Fondation Mons 2015. "Nous sommes enthousiastes, passionnés et nous sentons que la ville frémit. Nous avons battu tous les records de fréquentation de nos sites Internet et de nos réseaux sociaux. Ça montre qu’il y a un engouement et de l’intérêt pour notre Fête d’ouverture."

Selon les estimations de la Fondation Mons 2015, la cheville ouvrière de cette aventure humaine, 100.000 personnes sont attendues pour vivre ce moment unique dans l’histoire d’une ville.

Le roi Philippe et la reine Mathilde seront aussi de la partie puisqu’ils visiteront, en avant-première, l’exposition inaugurale dédiée à l’artiste peintre Vincent Van Gogh au musée des Beaux-Arts de Mons (BAM). Le couple royal se rendra ensuite à la collégiale Sainte-Waudru pour assister à la cérémonie inaugurale.

Les visiteurs sont, eux, attendus dès 18 h pour participer aux multiples événements déambulatoires. "Pilsen (l’autre capitale européenne de la culture en 2015, NdlR) a ouvert ses festivités le week-end dernier. Ils avaient choisi de réaliser un spectacle sur un seul site mais à la fin des spectacles, la place s’est vidée de ses spectateurs. Nous, nous avons choisi d’amener les gens à déambuler dans la ville. Nous voulons garder le public chaud, même s’il fait froid. Je veux m’assurer que tout le monde voie quelque chose. Ils ne pourront pas tout voir, c’est pratiquement impossible, mais ils verront tous quelque chose en savourant certains moments d’émotion précieux."

La fête qui a été concoctée se veut aussi participative. Il faudra oser passer le maillot pour un plongeon dans un jacuzzi en plein air, danser avec des robots lumineux sur un dancefloor à ciel ouvert, allumer le feu ou donner de la voix sur Tombe la neige,… "Nous voulons que la curiosité amène le public à pousser les portes qu’il n’a pas forcément l’habitude de pousser. Mais nous voulons surtout qu’il s’amuse."

Tous les spectacles et autres animations dans la ville sont gratuits et la majorité d’entre eux se déroulera en boucle. Il faudra juste se laisser porter dans les rues de cette cité médiévale. "Les Montois et les habitants de la région ont l’esprit de fête. Cette fête d’ouverture est un événement majeur, une fête conviviale et joyeuse dont il faut profiter. Il y en a pour tous les goûts où chaque personne crée son itinéraire."

C’est donc au gré de leurs envies et de leurs sensations que les visiteurs découvriront l’éblouissement et l’émerveillement à la sauce montoise. Désormais, les dés sont jetés, place au spectacle.

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Un accouchement dans la douleur

Si la ville de Mons espère attirer tous les regards pour le défi fou qu’elle s’est lancé, elle doit aussi essuyer les plâtres des couacs plus ou moins importants qui ont secoué ses premiers pas de l’année. L’ouverture de la capitale européenne de la culture n’est pas de tout repos. D’autant plus lorsque des dossiers majeurs piétinent.

Le premier hic est sans conteste la construction de la nouvelle gare ferroviaire signée par l’architecte Santiago Calatrava. Elle devait être passante en 2015. Force est de constater que les trains circulent mais qu’on est bien loin du paysage idyllique qui était promis. Sa finalisation n’est pas prévue avant la fin de l’année 2017, voire l’année 2018. Si on met sur la table les deux ans de recours pour expliquer ce retard colossal, il n’en reste pas moins que la nouvelle gare multimodale sera modérément à la fête.

Le second est l’échec de l’œuvre urbaine installée dans une rue montoise, The Passenger, d’Arne Quinze. Lorsqu’elle s’est gamellée sur les pavés montois le soir du réveillon de Noël, l’avenir ne présageait rien de bon. Le Passenger s’inscrit comme le premier raté de Mons 2015. La Fondation Mons 2015 et l’artiste sont toujours en train d’essayer de se dépatouiller de cette impasse.

Et enfin, last but not least, les multiples chantiers dont les principaux nouveaux musées comme celui du Doudou, du Mons Memorial Museum, du Manège de Sury et de l’Artothèque ne seront pas ouverts avant le printemps, soit en avril. "Nous savons que cette fête donnera le ton de l’année. Si tout le monde s’amuse, passe du bon temps dans la ville, toutes les critiques, les petites animosités vont s’estomper" , assure Yves Vasseur, le commissaire général.

Alors samedi, la Fête d’ouverture va battre son plein mais, à n’en pas douter, l’accouchement n’aura pas été sans peine.

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Nos bons plans pour accéder aux festivités

Avec tous les lieux qui seront pris d’assaut par les visiteurs d’un jour, le centre-ville sera complètement bouclé à la circulation samedi. Dès 14 h, plus aucun véhicule ne pourra circuler. Des solutions ont donc été imaginées pour acheminer les visiteurs.

En voiture, dès la sortie 24 de l’autoroute E19/E42, les automobilistes seront redirigés vers des parkings de dissuasion (P + R) gratuits et surveillés. Toutes les dix minutes, des navettes de bus achemineront les visiteurs vers le cœur de la ville. Du côté des transports en commun, treize lignes Tec de/et vers Mons sont renforcées en soirée avec des retours possibles jusqu’à 2 h du matin. Samedi, ces lignes seront gratuites.

La SNCB affrétera 13 trains supplémentaires qui permettront de se rendre dans le centre-ville de Mons.

Cinq axes de pénétration permettront aux piétons de rejoindre le centre-ville. Des points d’infos sont aussi installés un peu partout.