Hainaut L’hôpital est le seul de la région à réaliser des thrombectomies cérébrales.

AVC, infarctus… sont autant de cas qui nécessitent une prise en charge urgente, alors que chaque minute compte pour éviter le drame ou les séquelles irréversibles. Au sein du CHU Ambroise Paré, les équipes l’ont bien compris. C’est pourquoi depuis le mois d’avril dernier, une nouvelle garde de radiologie interventionnelle vasculaire est disponible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Pour ce faire, les équipes ont dû être formées, les gardes des spécialistes réorganisées afin d’assurer une capacité d’intervention continue. "Cette prise en charge vient combler un manque dans le bassin montois, puisque seule la région de Charleroi dispose d’un service similaire à l’échelle hennuyère", insiste Joëlle Kapompole, actuelle présidente du CHU.

Conclusion, les délais d’intervention sont réduits, les diagnostics plus rapidement posés et les soins adéquats plus efficacement apportés. "Chaque jour, ce sont quelque 150 patients qui sont pris en charge, parmi lesquels 1 à 2 % en situation d’urgence vitale (soit trois patients quotidiens, NdlR) ", explique le docteur Didier Chamart, médecin chef du service des urgences.

Une pluridisciplinarité nécessaire

S’engage alors une véritable course contre la montre pour laquelle la pluridisciplinarité prend tout son sens. Spécialistes (neurologue, cardiologue, urgentiste, chirurgien…), infirmiers, technologues en imagerie médicale… collaborent autour du patient. Les nouvelles technologies leur permettent de pratiquer des interventions moins invasives, souvent sous anesthésie locale, là où auparavant un transfert en salle d’opération était indispensable.

"La radiologie interventionnelle offre une meilleure visibilité et nous permet de déterminer avec précision l’origine d’un saignement, pour intervenir directement sur l’artère concernée. Un patient touché par un accident de la route, un AVC ou une hémorragie par exemple, n’est plus conduit d’emblée en salle d’opération", ajoute le docteur Didier Wéry, médecin chef du service d’imagerie médicale.

Aujourd’hui, le CHU dispose d’une salle dédiée aux coronographies et d’une salle de cathétérisme, au sein de laquelle des thrombectomies - soit le débouchement d’une artère via une technique mini-invasive - peuvent désormais être réalisées. Mais encore faut-il que les patients tiennent compte des premiers signes de problèmes vasculaires, afin de permettre la mise en place d’un traitement dans les minutes qui suivent. Ce qui, aujourd’hui, n’est malheureusement pas toujours le cas.