Hainaut

Si les budgets sont affectés, les aménagements commenceraient au second semestre l’année prochaine

Contrairement à la Flandre, la Wallonie ne dispose d’aucune autoroute pour vélos. D’ici peu, si les plans du ministre wallon de la mobilité Carlo Di Antonio (cdH) se concrétisent, ce sera de l’histoire ancienne. Et pour cause, il nous en a dit un peu plus sur ce projet qui tend à voir le jour peut-être plus rapidement que prévu et surtout dans la région de Mons-Borinage et des Hauts-Pays.

“Nous sommes en train d’allonger le Ravel”, explique le ministre Carlo Di Antonio. “Nous avons terminé le lien entre le PASS et le Ravel. La semaine prochaine, nous allons inaugurer le lien entre Angre et Roisin, on ira donc jusqu’au chalet du garde. Nous allons nous rapprocher de la France.”

Cela n’est pas le fruit du hasard puisque le ministre annonce un projet d’autoroute pour vélos sur ce tracé. “L’idée est de reprendre tout ce tronçon, de l’éclairer, de le rénover si nécessaire, de l’élargir à certains endroits pour en faire une autoroute vélos. La fonction première du Ravel ne serait plus uniquement récréative et de loisirs lors des week-ends ensoleillés mais aurait aussi un usage quotidien pour se rendre à l’école, à la gare de Saint-Ghislain ou de Mons pour aller travailler.”

À ce travail de rénovation viendra alors s’ajouter la mise en valeur de l’autoroute vélos. “Aux gares de Mons et de Saint-Ghislain, nous pourrions aménager des espaces nécessaires et sécurisés afin que les usagers puissent y déposer leur vélo et surtout qu’ils les retrouvent en soirée pour entamer le chemin inverse.” Quid du coût ? Selon le ministre, cela resterait “raisonnable”, un à deux millions d’euros pourraient suffire. “C’est surtout un travail de sensibilisation et de réflexe d’usage à créer. La base est là avec l’assiette du Ravel. Mais les études sont en cours pour le rénover et le remettre à niveau. C’est un projet d’une grande ampleur, d’autant plus le nombre important d’habitants de Mons-Borinage qui pourraient profiter de ce lien.”

Question timing, le chronomètre s’est accéléré. Le but est que les budgets soient affectés dès 2019. “Des travaux dans la seconde partie de l’année 2019 et jusqu’en 2020 pourraient être réalisés. D’autant qu’il n’y a pas énormément de travaux, ce sont surtout les connexions à aménager et des boxes à négocier avec les chemins de fer dans la gare de Saint-Ghislain et de Mons. Dans cette belle grande gare, nous pouvons sans doute trouver un endroit pour installer cela.”

Des communes qui ne sont pas directement connectées au Ravel vont également introduire des dossiers complémentaires auprès de la Wallonie. “Par exemple, il faut que du centre de Saint-Ghislain, les utilisateurs puissent rejoindre facilement le Ravel. Dans certains quartiers de Colfontaine et de Frameries aussi, il faut améliorer la manière de le rejoindre, que les quelques centaines de mètres manquants soient aussi sécurisés et aménagés.”

“J’en rêve !," affirme le ministre Carlo Di Antonio

“Si on part de Boussu et qu’on utilise ce Ravel pour aller à la gare de Mons, en déposant son vélo dans un box, je pense qu’à quelques minutes près, l’usager sera dans le même timing que s’il utilisait la voiture. Ca a un gros avantage aussi : pratiquer un peu de sport chaque matin et chaque soir ! Les vélos électriques seront disponibles à la gare, ce qui permet de rendre cette pratique accessible à plus un grand nombre. Il ne faut pas être un grand sportif pour utiliser un vélo électrique ! Je pense que c’est un projet qui peut être structurant pour une autre mobilité à Mons-Borinage. J’en rêve un peu mais j’imagine les matins où nous aurions des files entières de vélos qui se dirigent vers la gare de Mons… Ce serait super !”