Hainaut Nos communes ne redoutent pas la vertigineuse chute du thermomètre

Jon Snow l’avait dit, l’hiver arrive. La saison s’était pourtant montrée particulièrement douce jusqu’à maintenant. Mais le froid devrait faire son grand retour dès la semaine prochaine avec le passage d’un vortex polaire qui pourrait faire chuter le thermomètre jusqu’à -20°.

Pas de quoi affoler nos communes où tout semble en place pour affronter l’offensive hivernale. Même à Boussu où la commune avait été à court de sel lors de l’hiver rigoureux de 2010. "Cette année, nous avons des stocks suffisants, d’autant plus que l’hiver a été doux jusqu’à maintenant", rassure le bourgmestre Jean-Claude Debiève.

Pas d’inquiétude à Mons non plus. "Nos stocks de sel sont au maximum et nos équipes fonctionnent à flux tendus", indique la porte-parole de la Ville. "Dès qu’elles sortent pour l’épandage, du sel est à nouveau commandé. Nous sommes donc parés. Nous suivons évidemment avec beaucoup d’attention les prévisions météo. Cela dit, s’il fait très froid, mais sec, ce n’est pas un problème. C’est en cas d’humidité et de froid qu’il faudra intervenir sur les routes."

Même analyse à Braine-le-Comte où l’échevin des Travaux espère que le temps restera sec malgré le froid. André-Paul Coppens reste toutefois paré à toute éventualité. "Nous sommes à près de 150 tonnes de sel de réserve", évalue l’échevin. "Tant qu’il fait sec, pas de problème. Si un redoux apporte un peu d’humidité, nous ferons éventuellement un épandage préventif. La population sera de toute façon informée."

Reste que le froid pourrait causer des dégâts aux voiries. "Plus que le froid, ce sont les écarts de température qui posent problème", nuance André-Paul Coppens. "Le pire par exemple, c’est de la neige à 0°. On met du sel. Ensuite, le thermomètre descend très fort. Puis il y a un redoux avec de l’eau. Le sel s’incruste alors dans la voirie et ça pète. Des nids de poule se forment ainsi. Nous devons les réparer provisoirement avec du tarmac à froid. Au printemps, nous pourrons alors lancer une campagne de réparation avec du tarmac à chaud."

Bref, sortez les doudounes mais pas d’inquiétude pour nos routes. Les communes sont prêtes à affronter le grand froid. Reste à espérer que le thermomètre ne jouera pas aux montagnes russes.


Le sel et l’argent du sel

Écaussinnes  - Chaque année, au moment de boucler leur budget, nos communes prévoient un montant pour l’épandage des routes. L’hiver peut ainsi réserver de bonnes surprises comme à Écaussinnes. En 2014, les épandeuses n’avaient pas dû beaucoup sortir. L’argent prévu avait ainsi pu être alloué à la réfection du Ravel.

Mais pas sûr que cet hiver soit aussi bon sur le plan financier, même s’il est apparu assez doux jusqu’à maintenant. “Les températures les plus critiques sont comprises entre -5 et 5°”, commente le bourgmestre Xavier Dupont. “C’est dans ces conditions que les routes ont le plus de risque d’être glissantes. Nos équipes ont donc dû sortir à plusieurs reprises à titre préventif. Ensuite, l’hiver étant à cheval sur deux années, nous avons l’habitude de reporter au budget suivant ce qui n’a pas été utilisé. Il est donc encore trop tôt pour dire si nous pourrons récupérer une partie de l’argent prévu pour l’épandage.”


Des dispositifs pour les démunis

Au-delà des problèmes de la route, la vague hivernale peut aussi causer des drames humains. Là encore, nos communes ont mis des dispositifs pour éviter le pire.

À La Louvière par exemple, le Relais social rappelle qu’il met en place son Plan Grand Froid comme chaque année avec ses partenaires de réseau. Des centres de jour et de nuit peuvent ainsi accueillir les personnes à la rue. Le CPAS en appelle à la vigilance de tous pour signaler ceux qui vivent en tente ou à la rue, alors que le thermomètre pourrait descendre jusqu’à -20°.

À Mons également, le dispositif d’aide aux sans-abri est renforcé durant l’hiver. Accueil de jour comme de nuit, repas chauds, couvertures ou soins sont ainsi offerts aux plus démunis.

À Écaussinnes, le CPAS se tient prêt. “Notre centre d’action sociale pourra intervenir si nous avons des demandes en matière de chauffage”, indique le bourgmestre Xavier Dupont. “Pour ce qui est de l’hébergement, nous n’avons pas connaissance de la présence de SDF sur notre commune. Mais notre logement d’urgence est disponible au besoin.”

Du côté de Boussu, le bourgmestre Jean-Claude Debiève se réjouit de l’efficacité des cabanes pour SDF. “ Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’éprouver totalement le Plan Grand Froid qui est mis en place de novembre à mars”, souligne le bourgmestre. “ Mais le CPAS et le Plan de Cohésion sociale agissent au mieux en fonction de la connaissance du terrain que nous avons. Nous pouvons ainsi offrir une assistance. Et pour l’hébergement, nous avons nos deux cabanons qui fonctionnent presque sans relâche.”

Selon le collectif Les morts de la rue, 500 sans-abri ont disparu en Belgique en 12 ans. Des décès qui ne sont pas toujours liés au froid.