Hainaut L’ex-ASBL acceptait de répondre aux quatre exigences de sa Fédération.

Le ton s’électrise entre le syndicat socialiste de Mons-Borinage (Setca) et la Fédération des Restos du Cœur de Belgique. L’annonce vendredi dernier de la Fédération concernant l’avenir du Resto dans la Cité du Doudou n’est pas passée inaperçue. En effet, celle-ci estime que la création d’un nouveau Resto du Cœur est devenue impossible. Elle se base sur une directive européenne, reprise en droit belge, qui empêche la création d’une pareille structure sur le territoire montois sous peine de devoir payer le passif de l’ancienne ASBL évalué à 300 000 euros.

"Après avoir forcé la mise en liquidation de l’ASBL, les Restos du Cœur de Mons et la perte des 11 emplois (sans indemnités de rupture), c’est maintenant les 600 familles qui ne pourront plus bénéficier, à l’avenir, de l’aide alimentaire. C’est l’arroseur arrosé !", tance Patrick Salvi, secrétaire régional. "Nous pourrions en rire mais malheureusement pour les travailleurs et les bénéficiaires cette situation est dramatique. Ce qui arrive, nous l’avions prédit, nous savions que la nouvelle structure aurait à prendre en charge le passif social."

Selon le Setca, la Fédération des Restos du Cœur de Belgique, "par son arrogance et son obstination, a joué aux apprentis-sorciers dont on mesure maintenant les conséquences sociales. Elle a une lourde responsabilité dans ce dossier. C’est la raison pour laquelle, nous avions demandé le maintien de l’activité de l’ASBL tout en répondant aux quatre exigences de la Fédération."

Elles portent sur la réalisation d’un audit financier, le départ de la directrice, le changement de tous les membres du conseil d’administration et le changement de tous les membres de l’assemblée générale. "Malgré les réponses apportées, la Fédération s’est enfermée et s’est obstinée dans sa position."

Le syndicat n’apprécie guère non plus l’initiative prise par le CPAS de Mons, qui consiste à provisoirement (6 mois) prendre la relève du service de distribution des colis alimentaires. "Nous aurions pu expliquer les difficultés techniques et juridiques de ce dossier. Il faut reconnaître que le politique a aussi une part de responsabilité dans ce dossier, pour ne pas avoir accompagné, ni même contacté, la structure locale lorsqu’elle rencontrait ses difficultés avec sa Fédération."

Précisons néanmoins que l’ASBL Resto du Cœur de Mons est une association privée, dans laquelle aucun élu montois n’est représenté. Le syndicat : "La Fédération doit se souvenir de son projet social, à savoir aider les gens et les sortir de la précarité mais pas de les y envoyer."